Crise des abus sexuels : des survivants exhortent les cardinaux à en débattre pour le prochain pape

Le conclave de Rome face aux abus sexuels au sein de l’Église

À quelques jours du conclave destiné à élire le successeur du pape François, des survivants d’abus sexuels et des défenseurs des droits humains se rendent à Rome pour inciter les cardinaux à mettre la question des abus en tête de leurs priorités. Les groupes de défense soulignent l’importance d’une réelle transparence dans le traitement des allégations.

  • Des survivants d'abus sexuels et des défenseurs des droits humains se rendent à Rome pour inciter les cardinaux à mettre la question des abus en tête de leurs priorités.
  • Matthias Katsch, représentant les survivants d'abus dans 20 pays, affirme que les cardinaux ne devraient pas les laisser partir.
  • Les abus sexuels sont considérés comme une « blessure ouverte » par Matteo Bruni, porte-parole du Vatican.
  • Des défenseurs des survivants demandent aux cardinaux de promulguer une loi universelle sur la tolérance zéro envers les abus.

Crise des abus sexuels : des survivants exhortent les cardinaux à en débattre pour le prochain pape

Les mouvements autour du conclave sont marqués par la présence notoire de Matthias Katsch, membre du conseil d’administration de Berlin, qui représente les survivants d’abus dans 20 pays. Celui-ci a déclaré : « Je pense qu’il est très important de leur rappeler que nous ne partirons pas ». Les discussions pré-conclaves parmi les cardinaux ont déjà abordé la problématique des abus sexuels, considérée comme une « blessure ouverte », selon Matteo Bruni, porte-parole du Vatican.

François, élu en 2013 dans un contexte difficile marqué par une crise des abus sexuels ayant entaché la réputation de l’Église, a connu un mandat où ses efforts sont jugés variables. S’il est reconnu pour avoir introduit des mesures plus strictes que celles de ses prédécesseurs, il a également été critiqué par les victimes et leurs défenseurs pour son manque d’exigences quant à la déclaration obligatoire d’allégations aux autorités civiles.

Des cas récents continuent d’émerger concernant la maltraitance au sein du clergé et sa dissimulation. Marie Collins, ancienne membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs créée par François en 2013, a mentionné que l’Église fait face à « une résistance culturelle » au niveau vaticanien même. Elle souligne que « c’est le cléricalisme au pire », se référant à une dynamique qui met le clergé sur un piédestal par rapport aux fidèles.

Les défis persistants

Le Père Hans Zollner a ajouté à cette analyse en déclarant que même si l’Église avait fait progresser certaines directives anti-abus sous François, leur application reste inégale : « Cela dépend fortement des endroits ». Face aux attentes croissantes lors du conclave, les groupes comme SNAP (Survivors Network of those Abused by Priests) appellent les cardinaux à agir concrètement : « Allez-vous promulguer une véritable loi universelle sur la tolérance zéro ? ».

La pression croissante

Une initiative récente observée par SNAP inclut un projet intitulé Conclave Watch qui examine comment certains cardinaux ont géré les allégations d’abus. Peter Isely, leader chez SNAP, insiste sur le fait qu’« aucun cardinal n’ayant mal géré ou couvert ces crimes ne devrait être considéré comme candidat papal ». Ce sentiment est partagé par Anne Barrett Doyle de BishopAccountability.org qui note : « Il a envoyé un message terrible ».

Le silence du Vatican

Alors que le Vatican reste silencieux quant aux questions soulevées sur sa gestion interne vis-à-vis des accusations contre certains cardinaux présents au conclave – dont on rappelle qu’à 81 ans ils ne peuvent voter – beaucoup s’interrogent sérieusement sur le degré avec lequel l’Église prend cette question au sérieux. Mme Barrett Doyle pose ainsi une question cruciale : « Les abus sont-ils pris au sérieux ? Je ne peux pas le dire ».

Ce nouvel épisode dans l’histoire tumultueuse de l’Église catholique romaine démontre clairement qu’en dépit des avancées significatives sous François concernant la prise en charge des abus sexuels envers les enfants et d’autres vulnérabilités sociales, affichant toujours autant d’incertitudes sur leurs engagements futurs, laissant encore plus de préoccupations non résolues devant ce conclave crucial.