« Blue Moon » : entre lyrisme et choix artistiques discutables
Le film Blue Moonqui sort ce vendredi, retrace une nuit dans la vie de l’auteur-compositeur Lorenz Hart, interprété par Ethan Hawke. Bien qu’il tente de capturer l’esprit de Hart, certains choix créatifs peuvent s’avérer trop distrayants pour le public.
Une nuit au cœur du récit
L’intrigue se déroule le 31 mars 1945, alors que Lorenz Hart attend avec impatience Elizabeth (Margaret Qualley) après la première d’Oklahoma !coécrit par son ancien partenaire Richard Rodgers (Andrew Scott). Au bar où il se trouve, il redoute également la rencontre avec Rodgers et Oscar Hammerstein (Simon Delaney).

Plutôt qu’un biopic classique retraçant la vie entière de Hart, Blue Moon concentre son récit sur une unique soirée. Cette approche peut sembler artificielle, mais des films récents tels que One Night in Miami montrent que ce format peut fonctionner. Cependant, certains moments clés du partenariat entre Hart et Rodgers auraient mérité d’être mieux mis en scène.
Des décisions déroutantes
Un aspect particulièrement déconcertant du film est le désir de réduire la taille d’Ethan Hawke à celle de 5 pieds. Pour cela, le réalisateur Richard Linklater a opté pour un costume surdimensionné ainsi que des décors proportionnellement agrandis. Cela évoque des personnages comiques comme Vincent Adultman dans Bojack Horsemanmais entraîne une perte de crédibilité lors des scènes confrontant Hawke à ses co-stars aux tailles normales.
Malgré ces choix audacieux sans recourir aux effets spéciaux numériques modernes, l’impact reste limité comparé aux techniques utilisées dans les films classiques hollywoodiens.
Un portrait nuancé mais convenu
La critique portée par Hart envers Oklahoma ! oscille entre abordages personnels et généralisés. Il aborde les tensions entre art et commerce sans parvenir à résoudre cette dichotomie durant le récit. Malgré des moments pleins d’esprit où il divertit les clients du bar avec ses talents diversifiés, il est aussi perçu comme un personnage ambigu dont les motivations sont souvent prises avec parcimonie.
Bien que Blue Moon comporte des clichés associés aux biopics musicaux, notamment en utilisant le processus créatif d’autres artistes comme inspiration, certaines questions essentielles sur le parcours artistique de Hart demeurent sous-explorées.
À mesure que l’on découvre ces limites artistiques, le spectateur pourrait conclure que Lorenz Hart représente une figure trop obscure pour bénéficier pleinement d’une adaptation cinématographique hollywoodienne. Le film laisse penser qu’il n’arrive pas véritablement à rendre justice au personnage central qui demeure apprécié par un public restreint.
Fred Topel décrit lui-même son parcours professionnel : « Critique depuis 1999 » et membre reconnu dans plusieurs associations liées à l’industrie télévisuelle et cinématographique américaine.