Le canyon de Capbreton, situé dans le golfe de Gascogne, se révèle être un véritable joyau sous-marin. Depuis près d’une décennie, des photographes et passionnés marins tels que Lilian Haristoy s’y plongent pour explorer cette richesse biologique exceptionnelle. Les récits d’observation mettent en avant une multitude d’espèces et soulèvent des questions essentielles sur la préservation de cette zone méconnue.
Une rencontre inoubliable
Lilian Haristoy, 46 ans, photographe basé à Bayonne, a vécu une expérience marquante lors d’une sortie maritime où il a été entouré par une quarantaine de globicéphales noirs. Ému par ce contact avec ces créatures marines, il déclare : « Pendant un moment, j’ai eu l’impression de faire partie de leur famille. C’était une rencontre qui dépassait ma condition humaine. Et jamais je n’aurais imaginé vivre ça à seulement quelques minutes de chez moi. »

Exploration du gouffre marin
Sillonnant régulièrement les eaux profondes avec son bateau « Hitza Hitz », Lilian espère apercevoir diverses espèces marines telles que des baleines à bosse, des thon rouges, ou encore des requins bleus. D’autres explorateurs comme Sophie Preato ont également témoigné des merveilles qu’offre cet écosystème marin en partageant l’émerveillement d’élèves face à la majesté d’une baleine à bosse.
Les profondeurs du gouffre ne sont pas moins impressionnantes selon Olivier Digoit. Ce dernier évoque sa découverte de créatures étranges grâce à ses caméras résistant aux pressions extrêmes : « Il y a des animaux qu’on ne voit jamais à l’œil nu. C’est un autre univers, où tout semble flotter hors du temps. »
Nicolas Bidou décrit quant à lui ce canyon comme un jardin sous-marin façonné par la nature : « Le gouf est un véritable jardin sous-marin sculpté dans la roche… Un poisson-lune en suspension… c’est magnifique ! ».
Un réservoir exceptionnel
La biodiversité observée dans ce canyon résulte d’un phénomène naturel fascinant expliqué par Ricardo Silva Jacinto, géologue marin : le gouf agit comme un entonnoir biologique attirant poissons et autres espèces vivant dans ces eaux nourricières grâce au brassage régulier des nutriments.
D’après les données collectées au sein même du projet Pelagis dirigé par le CNRS, la région accueille divers mammifères marins toute l’année. Certaines espèces pourraient même rejoindre cette zone pour s’y reproduire.
Appel à la protection du gouffre
Lilian Haristoy tire une sonnette d’alarme sur le statut actuel du golfe : « Le golfe de Gascogne est le grand oublié des politiques environnementales françaises », regrette-t-il tout en appelant à davantage protéger cette région riche.
Avec Bizkaia Exploration – société cofondée par Lilian -, divers travaux scientifiques visent désormais non seulement à documenter mais aussi réfléchir sur les mesures nécessaires pour préserver ces zones sensibles afin qu’elles soient reconnues comme aire marine protégée.
Ces missions font écho aux découvertes fascinantes effectuées jusque-là mais révèlent également les défis persistants liés au changement climatique ainsi qu’à l’activité humaine qui touchent nos océans aujourd’hui toujours plus menacés.