Chapô
Après la Seconde Guerre mondiale, Yvonne de Gaulle aspire à une vie familiale stable à la Boisserie, leur demeure située en pleine forêt. Mais il lui faudra encore du temps avant de retrouver ce refuge tant convoité, alors que son mari navigue entre politique et intimité.

Yvonne de Gaulle : retour à la Boisserie après la guerre
La famille de Gaulle doit faire face aux séquelles laissées par l’occupation allemande. La Boisserie, leur maison dans la forêt où Yvonne souhaite se réinstaller, a été occupée puis pillée pendant l’exode et ne sera restaurée qu’en 1946. Ce n’est qu’à cette date que Charles de Gaulle démissionne de son poste de premier président du Conseil.
Une fois installée, Yvonne prépare des confitures, s’adonne au jardinage et fait même un peu de tricot. Elle prend plaisir à conduire sa deux-chevaux pour faire ses courses à Bar-sur-Aube ou Chaumont. Bien qu’elle mène une vie peu mondaine, elle reste très attachée à sa famille large avec laquelle elle aime passer du temps. Jacques Vendroux se remémore les « merveilleux œufs mayonnaise » d’Yvonne.
Dans une ambiance familiale quotidienne sereine, Yvonne se partage entre le salon où elle coud pendant que son mari lit les journaux et prend le temps d’écouter leurs informations préférées ensemble. Leur dernière fille Anne, atteinte trisomique, est alitée auprès d’eux sans jamais envisager d’institutionnalisation pour elle.
« La petite infirme » comme l’appellent les journaux… « Le tout petit » dit son père.
Charles joue souvent avec Anne dans le parc tandis qu’elle trouve un réconfort apaisant lorsqu’il est présent.
La création de la fondation Anne de Gaulle
En 1945, motivée par le handicap d’Anne, Yvonne crée la fondation Anne de Gaulle qui accueille des jeunes filles handicapées mentales. Tragiquement, le 6 février 1948 à 22 h 30 exactement, Anne décède dans les bras de Charles des suites d’une double broncho-pneumonie.
Peu après cet événement tragique qui secoue profondément leur existence conjugale, Charles déclare :
« Pourquoi pleurez-vous puisque la voici enfin devenue comme les autres ? »
Malgré cela, Yvonne reste encore dix ans à Colombey après cette perte difficile. Cette période est marquée par l’écoute attentive des remarques acerbes programmées du Général sur le paysage politique français en déclin dont ils discutent lors des repas quotidiens.
Ce quotidien partagé lui permet également d’apprécier ces instants rares durant lesquels elle peut profiter pleinement de son mari loin des tumultes extérieurs auxquels il fait face continuellement en tant qu’homme public.
Le retour attendu vers Paris
À l’aube des années 1960 où l’Algérie s’enflamme politiquement parlant et engendre ce que beaucoup considèrent comme une« traversée du désert », il devient évident qu’une nouvelle République émerge grâce aux aspirations politiques qui gravitent autour du général De Gaulle. À cette époque là déjà âgée désormais 58 ans et concurrente envers Paris fervente , cet appel amène Yves vers un nouveau chapitre.
Le monde politique commence alors à rendre visite au couple installé depuis longtemps près du parc familial souvent décrit par ceux-ci comme lugubre bien trop éloigné capitalement parlant. Il revient au pouvoir préfigurant énormément plus wallons bruyants rituels inacceptables.
Finalement , c’est le 20 mai 1958, qu’Yvonne quitte donc définitivement Colombey pour Paris pour supporter son époux bien-aimé même si celui-ci promet régulièrement des visites mensuelles tous week-ends chez eux afin maintenir proches ensemble.