Une couverture controversée
George Harrison a exprimé son malaise face à la célèbre couverture de l’album Yesterday and Today des Beatles, sortie en 1966. Entourés de morceaux de viande crue et de poupées décapitées, les membres du groupe ont suscité une polémique qui a conduit leur maison de disques à rappeler immédiatement l’album. Alors que John Lennon et Paul McCartney défendaient leur décision créative, Harrison révélait une profonde désapprobation. La couverture originale de Yesterday and Today, avec ses images dérangeantes, a provoqué une forte indignation. Malgré les justifications apportées par Lennon et McCartney, Harrison a déclaré : « Je pensais que c’était dégoûtant, et je pensais aussi que c’était stupide ». Dans le documentaire L’anthologie des Beatles, il précise la pression subie au sein du groupe : « Parfois, nous avons tous fait des choses stupides pensant que c’était cool ou branché quand c’était naïf et stupide ». Harrison n’a jamais été à l’aise avec cette séance photo. Il se souvient avoir porté un uniforme blanc en disant : « Sur la photo, nous allons « Ugh ! » C’est ce que je fais, n’est-ce pas ? Je suis dégoûté ». Son profond dégoût pour les poupées décapitées est sans équivoque : « Qu’est-ce que l’enfer sanglant est-ce ? ».
Départ imminent du groupe
Au moment où cet album a été produit, Harrison ressentait déjà un désir croissant d’indépendance artistique vis-à-vis des Beatles. Il confie : « Mon sentiment quand nous avons fait nos manières séparés était de profiter de l’espace qu’il m’a donné. Cela semble étrange car la plupart des gens aimeraient être dans les Beatles ». Il décrit le poids de sa célébrité comme accablant. Selon lui : « L’avantage était que les Beatles étaient si célèbres. mais c’était tellement négatif à ce moment-là que j’aurais donné quoi que ce soit pour sortir ».

Réactions mitigées parmi les membres du groupe
Lennon lui-même semblait apprécier le côté provocateur de la couverture. McCartney quant à lui s’étonne qu’une telle imagerie puisse paraître dérangeante. Il dit en riant : « Cela ne semblait pas trop offensant pour nous. C’était juste des poupées et beaucoup de viande ». Cette réflexion sur la dynamique interne des Beatles révèle non seulement un conflit créatif mais également un tournant dans le parcours musical d’Harrison qui aspirait déjà à explorer ses propres compositions loin du regard scrutateur du public. Ce retour sur une époque marquante rappelle combien l’art peut être sujet à controverse tout en reflétant les tensions inhérentes aux processus créatifs collaboratifs.