Dans une tribune publiée par Business Insider, un professionnel du design d’intérieur qui exerce depuis plus de 20 ans invite à remettre en question certaines règles de décoration largement répandues, voire à les enfreindre. Étagères ouvertes, mobilier « trop beau », cuisine, espace vide : chacune de ces idées reçues est examinée à la lumière de situations concrètes vécues avec des clients.

Nombre de particuliers arrivent avec l’envie de trouver des règles définitives pour aménager leur logement, persuadés qu’un ensemble de recommandations les aidera à le rendre plus beau et plus fonctionnel. La tribune rappelle que certaines contraintes sont incontournables : normes de construction, exigences de sécurité et règles de circulation. En revanche, une grande part de ce que l’on appelle décoration repose sur des usages empiriques, des bonnes pratiques et des présupposés culturels.
Après plus de 20 ans de métier, le constat est net : peu de règles sont réellement fixes. Utiles comme point de départ, elles laissent souvent de côté les personnes qui vivent dans l’espace.
Étagères ouvertes et mobilier précieux
Les étagères ouvertes sont omniprésentes dans les magazines de décoration, où elles figurent souvent parmi les éléments phares de la cuisine. Elles allègent un mur de placards, donnent une impression de légèreté et permettent d’exposer vaisselle, verres, livres de cuisine ou objets personnels. Elles supposent toutefois de choisir ce qui reste visible, de maintenir un certain ordre et de composer avec davantage de poussière et de salissures. Pour certains, cela ne pose aucun problème, voire procure du plaisir ; pour d’autres, c’est une contrainte supplémentaire. Avant de trancher, la tribune suggère de se demander ce qui sera réellement posé sur ces étagères. « Une tendance peut vous montrer une nouvelle possibilité, mais elle ne peut pas vous dire si cette possibilité convient à votre vie. »
Le mobilier coûteux pose une question voisine. Lorsqu’on a investi dans un meuble raffiné, la crainte de le voir abîmé par le quotidien est fréquente. Mais, selon la tribune, lorsque sa protection finit par empêcher d’habiter pleinement son logement, le problème se pose. Le canapé blanc immaculé des magazines en est l’illustration : il faut le recouvrir d’un plaid chaque vendredi soir, avant de regarder la télévision avec un verre de vin rouge et un morceau de chocolat. « Les meubles sont faits pour être utilisés, et une maison pour être habitée. »
Espace, architecture et aménagement
Lorsqu’une pièce paraît étroite ou fonctionne mal, la tentation est d’agrandir le logement. La tribune relève que le problème vient souvent de l’usage de l’espace existant. Un client envisageait ainsi une extension de sa cuisine, alors que la pièce disposait déjà de la place nécessaire, mais que son agencement ne permettait pas d’en profiter. Plutôt que d’ajouter des mètres carrés, il a été décidé de réorganiser l’existant. « Il est impossible de résoudre un problème que l’on ne comprend pas totalement. »
La tribune s’attarde également sur le lien entre style intérieur et architecture. Si la maison présente un caractère traditionnel, beaucoup de clients supposent que la cuisine ou la salle de bains doit l’être aussi. L’architecture reste un contexte, pas une obligation, et la tribune juge important de respecter les goûts de chacun. Elle note avoir vu des intérieurs contemporains installés dans des maisons traditionnelles, un contraste qui peut être saisissant.
Enfin, la poubelle de cuisine, traditionnellement placée près de l’évier, n’échappe pas à la règle. Une cliente qui composte la plupart de ses déchets alimentaires a ainsi préféré la déplacer ailleurs, libérant de la place près de l’évier et du lave-vaisselle. Cet agencement ne suit pas la règle, mais il est plus pratique pour son logement.