Les arrangements pour les funérailles de Pape François ont été soigneusement orchestrés, attirant un public international. Cependant, c’est l’espacement des lettres sur sa pierre tombale qui suscite désormais une onde d’indignation et de curiosité.
Des lettres mal espacées
La dalle funéraire est marquée par seulement dix lettres mais leur espacement laisse supposer qu’elles pourraient être lues comme «Fra ncisc vs». Nano, le lettrage a été conçu pour être lu comme «Franciscus», dérivé en latin du nom du pontife. En latin, la lettre V sert à représenter U et V.

Le tombeau en marbre reflète le style simple que prônait François, visant un lieu de repos sans extravagance. Le choix d’une police Times Roman pourrait sembler approprié, bien que certains spécialistes pointent des défauts dans son arrangement.
Les critiques s’expriment
« Malheur à la personne qui a décidé de faire cela », déclare Charles Nix, directeur chez Monotype, ajoutant que cette mauvaise décision pourrait perdurer si elle n’est pas corrigée. Il explique également la différence entre espacement global et kerning – ce dernier étant essentiel pour garantir une harmonisation visuelle entre les caractères.
Nix précise : « Nous passons beaucoup de temps à nous assurer que nous avons un espacement harmonieux » mais reconnaît souvent des irrégularités persistant dans certaines paires de lettres.
Incertitudes au Vatican
Concernant la conception même des lettres sur la pierre tombale, Nix émet une hypothèse selon laquelle elles auraient pu avoir été présentées individuellement et non mises en page correctement avec un logiciel adéquat. Ce manque d’attention se retrouve fréquemment dans les gravures modernes qui privilégient le coût plutôt que le design soigné.
Des personnalités notables ont exprimé leur frustration face aux imperfections observées. Elle Cordova, créatrice numérique, ironise : « Pourquoi cela semble-t-il appuyer sur la lettre “A” ouvrira une chambre secrète où l’arche de l’alliance est stockée ? ».
Tout aussi critique, Paul Shaw, historien spécialisé sur ce sujet en dit plus : « Les espaces étaient prévisibles parce que Ran et CV sont historiquement problématiques ». Ces erreurs s’aggravent lorsque la technologie utilisée pour la gravure ne permet pas les ajustements manuels nécessaires à cet art délicat.
Réflexion sur la typographie
Dans une perspective plus large, tandis qu’Evan Sult souligne ainsi qu’il existe des questions bien plus importantes concernant le pape François lui-même comparativement aux aspects purement esthétiques du lettrage, il rappelle néanmoins qu’une telle incohérence vient souligner l’importance du détail dans tous les domaines d’expression artistique.
Cette polémique invite à réfléchir sur l’importance accordée à chaque aspect d’un symbole aussi fort que celui d’un pape et interroge notre rapport collectif à ces messages emblématiques.