Un engagement audacieux dès le départ
Sutherland débute sa carrière dans la police après avoir fréquenté une école biblique pour devenir pasteur. L’envie d’aider les enfants des quartiers défavorisés l’a conduit à rejoindre les forces de l’ordre. Mais malgré ses réticences initiales vis-à-vis des missions d’infiltration, il se retrouve rapidement à acheter de la drogue lors de sa première mission.
« J’avais peur et donc je ne voulais pas le faire », confie-t-il lors d’une interview accordée à Paris Match. Pourtant, ce premier contact avec les milieux criminels lui a plu : « C’était amusant. J’avais l’impression d’être un acteur ».

De nombreuses vies en une seule
Au fil des ans, Sutherland a joué plusieurs rôles : trafiquant de drogue, mafieux sous couvert de garagiste, proxénète et même producteur de rap. Ce périple dangereux y compris sa vie parallèle en tant que pasteur n’était pas sans conséquences familiales. Il révèle que lui et sa femme ont toujours été honnêtes sur son métier risqué afin qu’elle puisse mieux naviguer autour des dangers liés aux personnes qu’il infiltrait.
Il décrit : « Ce qui a été le plus compliqué, c’est la question de l’argent. À ma maison nous étions fauchés ». Ses collègues lui rendent parfois hommage aussi : « Il y a eu au moins sept fois où on a estimé que ma vie était véritablement en danger après une opération ».
Un équilibre précaire entre deux mondes
Réussir à jongler entre ces deux identités opposées n’était pas simple ; il avoue ressentir de la tension lorsqu’il devait incarner son personnage dans certaines situations stressantes. Lorsqu’on lui demande s’il avait souvent peur, il répond franchement : « Non, j’avais peur ».
Elle était surtout présente lorsque Sutherland se trouvait avec certains membres dangereux du cartel ou lorsqu’il devait naviguer sans GPS à travers des souterrains obscurs pour réaliser ses missions.
Retraite et spiritualité retrouvée
Après trois décennies sous couverture, Sutherland prend sa retraite mais ressent vite un manque profond lié à cette période palpitante : « Je m’amusais vraiment… mais j’ai toujours regretté de ne pas pouvoir agir sur eux ». C’est un nouveau chapitre spirituel qui commence pour lui ; aujourd’hui pasteur plein temps engagé auprès des personnes vivant des situations difficiles grâce au programme qu’il dirige appelé Undercover Pastor.
Il utilise même les réseaux sociaux pour accéder aux prisonniers capables d’y trouver espoir et rédemption.
Quant à la situation actuelle du trafic aux États-Unis ? Elle demeure préoccupante selon lui avec notamment une montée inquiétante chez les jeunes revendeurs impliqués dans le commerce du fentanyl.
« Dale l’infiltré » est ainsi bien plus qu’un documentaire ; c’est un récit puissant mêlant drame personnel et engagement communautaire face au fléau actuel du trafic de drogue.