Didier Bourdon est revenu sur la naissance difficile de « Les Trois frères », premier film écrit et réalisé par le trio des Inconnus, formé avec Bernard Campan et Pascal Légitimus. Invité sur l’antenne de la radio « Rires et Chansons », l’acteur a raconté les obstacles rencontrés par des humoristes qui triomphaient sur scène et à la télévision lorsqu’ils voulaient passer au grand écran.

Interrogé par l’animateur, Didier Bourdon rappelle que tourner un film n’allait pas de soi à l’époque. « Faire un film à l’époque, c’était pas évident. Il y avait beaucoup de gens venant du comique qui s’étaient plantés au cinéma. Et Claude Berri a hésité. »
Une hésitation jugée trop longue
Cette hésitation a duré « longtemps, beaucoup trop longtemps », selon l’humoriste. Lors d’une réunion à laquelle assistait Bernard Campan, la patience de Didier Bourdon a fini par céder. « Il hésitait encore et tout et d’un coup je sors de mes gonds et je lui dis : “De toute façon je travaille pas avec des vieux” », se souvient-il. Claude Berri lui a alors tendu la main en lui répondant : « Tope là, on le fait ». « Il voulait peut-être sentir un peu… », sourit Didier Bourdon, sans achever sa phrase.
Questionné sur ses coups de sang, l’acteur, âgé de 67 ans, reconnaît que ses confrontations avec Paul Lederman, le producteur historique des Inconnus, ont parfois mis ses nerfs à rude épreuve. « Je m’en prenais plein la gueule », se rappelle-t-il.
Un succès au cinéma et une reconnaissance critique
Claude Berri n’a sans doute pas regretté d’avoir cédé à la pression de Didier Bourdon. Sorti fin décembre 1995, « Les Trois frères » a totalisé plus de 7 millions d’entrées au cinéma et s’est classé en tête du box-office français de l’année. La critique s’est également enthousiasmée pour le film.
Le long-métrage a ensuite été distingué lors de la 21e cérémonie des César, le 3 février 1996, avec le César du meilleur premier film.