Le documentaire « One to One : John & Yoko » de Kevin Macdonald propose un retour sur une période tumultueuse des années 70, où John Lennon et Yoko Ono naviguent entre célébrité rock et activisme politique à New York. À travers des entretiens et des performances live, le film révèle la complexité de leur vie tout en évoquant un contexte social profondément troublé.
Un voyage dans le New York des années 70
« One to One : John & Yoko » illustre les années 1971 à 1973, moment où Lennon et Ono s’installent à New York après avoir quitté l’Angleterre. Ce changement coïncide avec la dissolution légale des Beatles. Dans un enregistrement du film, Lennon déclare : « Je veux être moi maintenant ». Cette volonté s’incarne dans leur nouvel appartement du West Village.

Dans ce film, on découvre l’appartement chaotique d’Ono qui ressemble davantage à une maison de colocataires qu’à celle d’une star mondiale. Le couple plonge alors dans une époque marquée par la fameuse contre-culture new-yorkaise. Les fruits musicaux de ce séjour ne sont pas toujours appréciés ; cependant, les événements autour d’eux se révèlent captivants.
Des événements mémorables au cœur du documentaire
Le film présente également des enregistrements d’appels téléphoniques révélateurs entre Lennon et ses associés. Parmi eux, un appel où Ono se plaint : « C’est du chauvinisme masculin ! », dressant ainsi un portrait intime de leurs interactions au sein d’un milieu artistique agité.
Ono exige également que ses amis rassemblent des milliers de mouches pour une exposition. Ces anecdotes rappellent que même dans l’excentricité, Lennon et Ono incarnaient l’esprit créatif bourgeonnant de cette décennie.
Lennon joue également lors du concert « One to One » en 1972 pour lever des fonds au profit de Willowbrook, une maison accueillant des enfants handicapés. Ce spectacle rare est un point central du documentaire puisqu’il retranscrit son dernier concert intégral sur grand écran.
Une période charnière pleine de réflexions
Kevin Macdonald alterne images privées du couple avec celles d’actualités mémorables comme la fusillade visant George Wallace durant sa campagne présidentielle. La nostalgie pour les idéaux pacifistes semble accuser le coup lorsque Ono déclare : « La puissance des fleurs n’a pas fonctionné ».
Alors qu’ils sont entourés par plusieurs figures rebelles – dont David Peel et Jerry Rubin –, leurs plans dégénèrent rapidement malgré leur mégalomanie audacieuse comprenant même Bob Dylan. Cela met en lumière la difficulté croissante qu’ils éprouvent à rester pertinents face aux enjeux sociopolitiques grandissants.
Symbole potentiellement troublant pour l’avenir
En finissant sur une note teintée d’espoir ou plutôt ironique, Lennon évoque ses préoccupations suite aux menaces pesant sur lui : « Vous voulez dire que les gens essaient de nous tuer ou quelque chose comme ça ? ». Ces mots préfigurent tragiquement son destin quelques années plus tard tandis que Macdonald nous rappelle que certaines tribulations vécues ont échos encore aujourd’hui au sein d’une Amérique tourmentée.
Ce regard rétrospectif sur John Lennon et Yoko Ono non seulement raconte leur histoire mais soulève aussi des questions sur notre société actuelle et ces cicatrices persistantes laissées par les luttes passées.