Le président Donald Trump a signé un décret controversé visant les grands cabinets d’avocats aux États-Unis, déclenchant une réaction immédiate de la part du cabinet Susman Godfrey. Malgré la pression, plusieurs entreprises ont choisi de contester ce décret en justice, tandis que d’autres ont opté pour des accords pro bono avec l’administration.
Decret contre Susman Godfrey
Le récent décret signé par Donald Trump a surpris le cabinet d’avocats Susman Godfrey, comme l’indique un avocat représentant le cabinet lors d’une audience au tribunal, décrivant la décision comme un « boulon total du bleu ». Selon des sources proches du dossier, personne chez Susman Godfrey n’avait discuté avec la Maison Blanche concernant une éventuelle réduction de leur engagement dans les affaires pro bono annoncées collectivement à hauteur de 940 millions de dollars.

Les partenaires du cabinet ont pris une décision unanime : ils vont poursuivre le gouvernement américain pour bloquer le décret dans un délai de deux heures après son annonce. Les sociétés Jenkins & Block et Perkins Coie sont parmi celles qui ont choisi cette voie judiciaire au lieu d’accepter l’accord proposé par l’administration.
Réactions judiciaires
Les avocats représentant les cabinets contestent ces décrets qui violent selon eux la Constitution et portent atteinte aux droits légaux de leurs clients. Les décrets perçoivent certains cabinets comme organisateurs de programmes discriminatoires ou menaçant la sécurité nationale en raison des avocats ayant travaillé sur des enquêtes concernant Trump.
Lors d’une audition récemment supervisée par le juge Beryl Howell, ce dernier semblait sceptique face aux arguments avancés par les représentants du ministère de la Justice. Le jury pourrait se prononcer favorablement envers ces grands noms du droit américain dans cette affaire complexe où chaque procès attire également nombreux soutiens sous forme de mémoires amicaux.
Conséquences pour les entreprises avocataires
Bien que Donald Trump ait failli révoquer tous contrats gouvernementaux et accréditations nécessaires pour opérer dans ses locaux, certaines sociétés telles que Perkins Coie continuent à maintenir leurs gros clients tels qu’Amazon et Boeing. En revanche, William Malley, associé directeur chez Perkins Coie a indiqué que cela pourrait affecter jusqu’à 40% des revenus si davantage d’entreprises choisissent cet itinéraire judiciaire risqué.
D’autres entreprises, tentant plus ou moins discrètement de limiter leurs engagements, discutent déjà des conséquences potentielles sur leurs relations professionnelles avec l’administration actuelle sous forme préoccupante, révélant ainsi une atmosphère tendue parmi elles.
« Si Trump a une interprétation différente ? Il peut tout annuler », avertit Nate Eimer dont l’avocat défend plus de 800 entreprises contestataires, en soulignant comment ces alliances pourraient devenir très précaires selon les décisions futures prises depuis Washington DC juste à titre préventif.
Cette situation contrastée souligne bien plus qu’un simple combat juridique ; elle renvoie aussi à un climat général marqué par l’inquiétude au sein du secteur juridique face au pouvoir croissant exercé depuis le Bureau ovale sur ceux appelés souvent à défendre ses prérogatives constitutionnelles fondamentales tout en s’arrêtant parfois – face au marché notoire lui-même – devant leur propre dépendance vis-à-vis de clientèles géantes ou structures élitistes similaires.