Je doute souvent de ma légitimité et ressens le syndrome de l'imposteur

Chapô

Ambre Chalumeau, chroniqueuse de l’émission « Quotidien », publie son premier roman, « Les Vivants », inspiré d’une tragédie personnelle. Ce livre explore le thème de l’absence tout en réfléchissant sur le passage à l’âge adulte et les relations humaines.

Un traumatisme qui inspire un roman

Le premier roman d’Ambre Chalumeau, intitulé « Les Vivants », tire son inspiration d’un événement marquant survenu en septembre 2014. À cette époque, Ambre entre en première année d’ hypokhâgne alors que son meilleur ami tombe dans le coma après avoir contracté un virus rarissime. Cet événement bouleverse son quotidien et la pousse à écrire pour extérioriser sa tristesse : « Pour ne pas se sentir rongée de l’intérieur par la tristesse ».

Je doute souvent de ma légitimité et ressens le syndrome de l’imposteur

Les protagonistes du roman représentent ceux qui persistent malgré l’absence de Simon, hospitalisé avec des tuyaux lui traversant le corps. Parmi eux figurent Diane – qu’Ambre qualifie de « mon double » –, Cora, Céline, Maxime, Yves et Thomas. Ces personnages sont décrits comme des personnes « grouillantes, tenaces, affamées de résister ». À travers ses écrits, Ambre aborde divers thèmes tels que le couple, la paternité et la transition vers l’âge adulte.

Un processus d’écriture minutieux

Ambre a consacré plusieurs années à peaufiner ce récit. Même lorsqu’elle commence sa carrière télévisuelle au sein de « Quotidien », elle continue d’écrire en soirée. Son œuvre aurait pu rester dans l’ombre si une éditrice ne lui avait conseillé de publier son manuscrit : « J’ai déjà quelque chose, mais je ne sais pas ce que cela vaut », répond-elle à cette proposition. Superstitieuse avouée, elle hésite jusqu’à quelques jours avant la publication pour annoncer sa sortie à ses proches : « Je suis superstitieuse, une petite bête effarouchée dans son donjon ».

Lutte contre l’imposture

Sa légitimité est interrogée souvent par elle-même et par les autres ; ayant grandi dans une famille liée au milieu artistique avec un père écrivain et une mère cadre chez Canal+, Ambre confesse avoir le complexe de l’imposteur : « Je me demande sans cesse si je suis légitime ». Elle admet bénéficier d’un certain privilège ayant été immergée dès son jeune âge dans la culture littéraire mais insiste sur sa propre valeur itérative au travail : « Je bosse deux fois plus que les autres ».

Les livres comme refuge

Les livres demeurent pour Ambre Chalumeau un refuge essentiel où elle trouve réconforts et inspirations littéraires variées allant des œuvres d’Alexandre Dumas aux classiques comme « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan, ou encore « Vernon Subutex » de Virginie Despentes, qu’elle considère être sa « master class ». Elle souhaite également partager une recommandation culturelle avec ceux qui délaissent la littérature en leur proposant « Des souris et des hommes » de John Steinbeck.

Le livre « Les vivants », publié aux éditions Stock comptant 304 pages, est proposé au prix de 20 euros.

Dans cet ouvrage personnel mêlant fiction autobiographique et réflexion existentielle autour du passage à l’âge adulte ainsi que des relations humaines complexes face aux épreuves vécues par chacun, se dégagent un désir universel de résilience face aux adversités.

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