Sorti dans une diffusion limitée, le film de science-fiction Another Earth pose des questions sur les regrets, les erreurs et les secondes chances. Selon l’auteur de l’article source, c’est un bon film à voir pour les fans de la série The OA, qu’il juge annulée trop tôt.

Le film suit Rhoda Williams, une adolescente brillante, passionnée d’astronomie, qui vient d’être admise au MIT. Alors qu’elle fête cette nouvelle avec ses amis, elle prend le volant en état d’ivresse. Distraite par une information radio sur la découverte d’une seconde Terre, elle provoque un accident mortel. Cet événement bouleverse le cours de sa vie et la laisse rongée par la culpabilité. Des années plus tard, elle a la possibilité de se rendre sur Terre 2.
Le film n’a presque pas marqué le box-office, même s’il a rapporté 1,9 million de dollars pour un budget de 100 000 dollars. Pour l’auteur, il offre pourtant une exploration magnifique du deuil, des possibles et de l’acceptation de ce que l’on ne peut pas changer.
Un twist original sur un thème usé de la science-fiction
Selon l’auteur, ce qui rend le film singulier tient moins aux règles de cette seconde Terre qu’aux choix de Rhoda. Plutôt que de lui offrir une autre vie ou l’occasion de refaire les choses, le récit la place face à une décision différente, compliquée par d’autres choix qu’elle a faits dans sa vie.
Une fois sa peine purgée pour les vies qu’elle a détruites, Rhoda se lie avec l’homme dont elle a bouleversé l’existence. Elle semble vouloir réparer ses fautes, mais le récit montre qu’elle cherche surtout à fuir sa propre douleur. Pour l’auteur, cette prise de conscience ne peut se produire que dans le cadre de la science-fiction, lorsqu’elle est confrontée à la possibilité d’un « avenir » très différent sur l’autre Terre. Il résume la leçon ainsi : « parfois, la réponse n’est pas « et si » mais « et maintenant » ».
L’auteur décrit un film à la fois élégant et déchirant, qui n’emprunte pas la pente de l’horreur à laquelle on pourrait s’attendre. Selon lui, l’existence de l’autre Terre n’entraîne aucune mauvaise conséquence : le film se concentre sur Rhoda, sur ses choix et sur la confrontation avec elle-même.
Un complément idéal pour les fans de The OA
Le principal argument de l’auteur tient aux créateurs du film. Another Earth est coécrit par Brit Marling, qui a également cocréé The OA et joue dans les deux œuvres. Par endroits, le film donne aussi le sentiment d’appartenir au même univers, avec une image, une atmosphère et un rythme très proches de la série Netflix.
Les deux productions explorent le traumatisme et la croissance née de la souffrance, ainsi que la question de l’identité. Dans The OA, celle-ci n’est pas figée : elle change et dépend de nombreux éléments. Dans Another Earth, Rhoda apparaît à trois moments de son identité : l’élève promise au MIT, la femme qui a causé une douleur immense et purgé une peine de prison, puis celle qui a grandi à partir de la douleur qu’elle a causée et portée.
Le film ne compense pas l’annulation de The OA, mais, selon l’auteur, il adoucit un peu cette déception.