Le conclave, instance de l’Église catholique qui désigne le prochain pape, a débuté sans aucune limite de temps officielle. Les 133 cardinaux votants continueront jusqu’à ce qu’une majorité des deux tiers parvienne à un consensus. Les prévisions concernant la durée de cette élection varient considérablement, certains estimant qu’elle pourrait être plus longue que les dernières, notamment en raison de la composition diverse et moins familière du Collège des Cardinaux.
Une tradition historique
La pratique du conclave remonte au 13e siècle. À l’époque, les résidents de Viterbo se sont agacés des élections se prolongeant durant près de trois ans et ont séquestré les cardinaux, réduisant leurs rations alimentaires afin d’accélérer leur décision. Ce processus a mené à l’élection du pape Grégoire X après 33 mois de délibérations.

Grégoire X a instauré des règles strictes pour éviter que la situation ne se reproduise, avec notamment une réduction des repas à un par jour après trois jours si aucun pape n’était élu. Des rations encore plus draconiennes ont rapidement suivi si le conclave s’éternisait.
Élections papales récentes
Malgré ces mesures historiques, certaines élections ont duré plusieurs mois aux 17e et 18e siècles en raison d’influences politiques sur les cardinaux. Cependant, au cours des deux derniers siècles, la durée des conclaves s’est considérablement réduite depuis la perte de pouvoir temporel du pape en 1870. Les deux derniers papes élus – François et Benoît XVI – l’ont été dans un délai record de seulement deux jours.
Les pronostics pour le futur conclave actuel varient selon les intervenants.
Des estimations divergentes
Le cardinal Timothy M. Dolan, archevêque de New York, prédit que le conclave sera plus long que celui qui a élu François : « Je pense que ce sera plus long que la dernière fois », a-t-il déclaré tout en évoquant sa préparation avec douze paquets de beurre d’arachide pour tenir pendant un possible prolongement.
En revanche, le cardinal suédois Anders Arborelius reste optimiste : « Tout le monde dit cela (qu’il faudra beaucoup de temps), mais je ne sais pas comment ils savent », ajoutant peut-être qu’il est préférable pour tous « de rentrer chez eux dès que possible ».
Avec une dynamique incertaine au sein du Collège des Cardinaux nouvellement constitué – nombre d’entre eux ayant été nommés récemment par François –, l’issue dépendra non seulement des préférences individuelles mais aussi des liens interpersonnels entre eux.
Ce conclave questionne ainsi non seulement l’avenir religieux immédiat mais traite également du poids politique influent dans le choix futur du successeur pontifical alors même qu’une société en mutation regarde cet événement majeur avec attention.