Camille Kouchner, après le succès de son livre « La familia grande », publie un nouveau roman intitulé « Immortels ». Ce dernier questionne les rapports de genre et dépeint la souffrance causée par les normes masculines, tout en touchant à des thématiques personnelles et sociétales.
- Camille Kouchner publie «Immortels», questionnant les rapports de genre.
- L'histoire suit K, une femme de 50 ans, hantée par le passé avec Ben.
- Kouchner explore le masculin et la binarité des genres dans son roman.
- Le livre aborde les enjeux sociétaux et les abus sexuels avec subtilité.

La résurgence d’un passé douloureux
« Immortels » raconte l’histoire de K, une femme de 50 ans qui se réveille après une intervention chirurgicale. Dans cet état semi-conscient, elle est hantée par la mémoire de Ben, un ami d’enfance décédé. Elle s’interroge sur leur relation brisée et sur les raisons qui ont conduit Ben à s’éloigner d’elle au fil des ans.
Pour Camille Kouchner, ce roman s’inscrit dans la continuité des témoignages qu’elle a reçus après « La familia grande », où elle avait exposé les abus commis par Olivier Duhamel. Elle confie : « Après « La familia grande », j’ai reçu tellement de témoignages bouleversants sur l’inceste et sur les violences sexuelles dont sont victimes les femmes que je me suis mise à m’interroger sur le genre ».
Une exploration du masculin
Kouchner craint que certains lecteurs interprètent « Immortels » comme un récit autobiographique ou une clé pour comprendre sa propre histoire familiale. En effet, elle explique : « Or ce sont de vrais personnages, qui n’ont rien à voir et ont été durs à construire ». Ainsi, bien que Ben soit un hommage à un ami disparu avec qui elle partageait une relation fusionnelle, Kouchner s’assure qu’il est distinct dans ses traits de caractère.
Le personnage principal K n’est pas son double fictionnel mais plutôt inspiré par Kafka, caractérisé par une métaphore centrale autour du cancer et des mutations inhérentes aux relations humaines.
Les enjeux sociétaux abordés
Camille Kouchner évoque également la binarité des genres comme source majeure de violence : « Je pense qu’enfants on est tous à la fois fille et garçon… La binarité crée la violence entre les sexes, dont les femmes sont les principales victimes. J’aimerais qu’on s’en débarrasse ! »
Dans le passage final du récit, K exprime sa colère face aux choix de Ben : « Je ne veux plus excuser ton renoncement. Décidément, même les plus mignons des petits garçons finissent par accepter la norme quand elle leur permet de régner sur la moitié du monde ». L’œuvre s’attaque aussi à la génération boomers pour avoir instillé un climat incestueux sous prétexte de liberté morale.
Bien que transportant des thèmes lourds tels que ceux liés aux abus sexuels et sociaux entre hommes et femmes, Camille Kouchner aborde ces sujets avec subtilité ; son écriture évite l’affichage d’un règlement personnel grâce à un style nuancé déjà présent dans son précédent ouvrage.
« Immortels », publié chez Seuil en 224 pages au prix de 20 euros apporte ainsi non seulement une nouvelle perspective personnelle mais révèle également le talent littéraire grandissant d’une voix engagée contre toutes les formes d’inégalités sociales.