Législative partielle à Paris : Michel Barnier investi par les Républicains face à Rachida Dati
- Les Républicains soutiennent Barnier contre Dati pour la législative partielle à Paris.
- Des tensions existent entre les deux candidats, notamment sur leur rapport et leurs ambitions.
- Le scrutin est stratégique pour l’unité de la droite et ses futures ambitions présidentielles.
- Des négociations tentent d’éviter une lutte interne et d’envisager des alliances politiques.

Les Républicains ont décidé d’investir Michel Barnier pour la législative partielle de la 2e circonscription de Paris, malgré la candidature annoncée de Rachida Dati. Ce choix du parti, fait en amont des municipales de 2026, suscite des tensions entre les deux figures politiques.
Ce lundi, la commission nationale d’investiture (CNI) des Républicains a officiellement soutenu Michel Barnier pour cette élection partielle après l’invalidation du député macroniste Jean Laussucq par le Conseil constitutionnel. Cependant, Rachida Dati, ministre de la Culture et ancienne membre des Républicains exclue en 2024 avant d’y revenir, a confirmé sa propre candidature dans un entretien au ParisienCette circonscription englobe son fief dans le 7e arrondissement où elle est maire.
« Cette élection ne peut pas servir qu’à porter les ambitions présidentielles de Michel Barnier », a déclaré la ministre, dénonçant un « manque de respect » et un « parachutage », tout en accusant Barnier d’être « poussé par ceux qui veulent m’empêcher de gagner Paris ». En réponse, l’ancien Premier ministre s’est montré conciliant : « Je ne suis candidat contre personne, ou plutôt avec tout le monde », affirmant son état d’esprit « déterminé et humble ».
Tentative de conciliation
Une réunion urgente dimanche dernier entre Michel Barnier, Rachida Dati et le président des Républicains Bruno Retailleau n’a pas apaisé les tensions avant l’annonce du soutien à Barnier. Le CNI a tenté dans un communiqué d’éteindre le conflit en précisant que Rachida Dati est « la mieux placée » pour conduire l’initiative municipale parisienne en vue de 2026. La présidente LR de Paris, Agnès Evren, se voit chargée de négocier avec Dati afin d’éviter une lutte interne destructrice tout en ouvrant la voie à un potentiel accord entre Barnier et Dati.
La ministre souhaite réunir une liste unitaire englobant droite et macronistes pour rivaliser avec la gauche sur Paris. Néanmoins, son retour au sein du parti depuis plusieurs affaires judiciaires suscite des réticences au sein même des Républicains.
Une bataille à plusieurs dimensions
Le scrutin revêt une signification stratégique pour Michel Barnier qui se positionne comme porteur du rassemblement entre droite et centre. Des rumeurs circulent quant à ses ambitions méditant vers une future présidentielle ou la présidence du groupe LR à l’Assemblée nationale.
Des discussions sont également évoquées concernant une possible alliance avec Édouard Philippe, leader d’Horizons, notamment autour d’une suppléance confiée à Florence Berthout, proche d’Édouard Philippe. Cela pourrait avoir pour but d’affaiblir Gabriel Attal qui allie ses forces avec Rachida Dati au gouvernement.
La législative partielle pourrait devenir un baromètre révélateur pour une droite divisée tentant désespérément de gérer ses ambitions personnelles tout en cherchant des alliances stratégiques face aux perspectives électorales dans un cœur battant politiquement parisien où aucun vote n’est acquis jusqu’à présent.