Défis majeurs pour la défense de Guam selon un rapport du GAO
Le Gouvernement Accountability Office (GAO) a mis en lumière les défis auxquels le Département de la Défense des États-Unis (DoD) fait face pour mettre en place un système de défense antipoussée sur l’île de Guam. Le rapport souligne des manques significatifs en termes de stratégie et d’infrastructure nécessaires à cette mission cruciale. L’absence d’une stratégie claire comprenant un calendrier précis perturbe le développement des capacités défensives sur Guam.
- Le GAO a identifié des défis pour le Département de la Défense pour mettre en place un système de défense antipoussée sur Guam.
- Le DoD manque d'une stratégie claire et d'un calendrier précis pour l'exploitation et le maintien des systèmes de défense.
- Le projet militaire américain pour Guam coûte environ 8 milliards de dollars et prévoit un aménagement de 2027 à 2032.
- L'infrastructure actuelle sur Guam est insuffisante, avec des problèmes de logistique et d'approvisionnement.

Le DoD n’a pas de stratégie qui comprend un calendrier et un plan pour déterminer quand et comment l’organisation principale – les services militaires ou la Missile Defense Agency – assumera la responsabilité de l’exploitation et du maintien de ces systèmes, selon le rapport.
Un projet ambitieux mais mal préparé
Le plan militaire américain vise à créer une couverture intégrée autour de Guam grâce à 16 sites différents. Le coût total estimé pour cette installation est d’environ 8 milliards de dollars, avec une durée d’aménagement prévue entre 2027 et 2032, comme annoncé par le lieutenant-général Robert Rasch devant le sous-comité des forces stratégiques du Sénat américain.
Cependant, plusieurs problèmes logistiques persistent. Alors que certaines organisations au sein du DoD avancent leurs propres estimations concernant les besoins en personnel, il demeure flou quant au déploiement effectif nécessaire ainsi qu’aux exigences en matière d’hébergement, d’écoles et d’installations médicales. Le rapport précise également que les questions sans réponse au sein du DOD sur qui exploitera et maintiendra les éléments GDS ont placé l’armée dans une position d’attente.
Une infrastructure déficiente
L’état actuel des infrastructures sur Guam pose aussi problème. La batterie THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), déployée depuis 2013, est particulièrement affectée par ce manque d’infrastructures adéquates. Les équipes responsables ont signalé avoir rencontré des difficultés notables à obtenir les autorisations nécessaires pour construire des installations durables après le typhon qui a frappé l’île en 2023.
Les véhicules militaires nécessitant maintenance sont souvent stockés sous bâches temporaires plutôt que dans des installations permanentes sécurisées. De plus, certains soldats dépendent encore de bouteilles d’eau pour leur consommation quotidienne en raison d’un approvisionnement insuffisant.
Des inquiétudes croissantes face aux menaces externes
Les responsables militaires américains ainsi que certains experts alertent sur la menace émergente posée par la Chine vis-à-vis des bases américaines dans la région Indo-Pacifique. La force roquette chinoise détient plusieurs missiles capables d’atteindre Guam à grande distance, tels que le DF-26 surnommé « Guam Express ». Bien qu’aucun missile balistique chinois n’ait été testé lors d’engagements militaires jusqu’ici, les analystes s’accordent à dire qu’en cas de conflit avec Pékin, cela représenterait un défi sans précédent pour les États-Unis. Alors que Washington examine ces préoccupations grandissantes, l’armée américaine prévoit déjà certaines initiatives tierces afin d’améliorer son empreinte militaire sur des territoires étrangers tout en relevant sérieusement ces défis structuraux internes afin de renforcer sa présence sur ce point stratégique essentiel.