Les chimpanzés utilisent des plantes médicinales pour traiter leurs blessures, selon une étude
Un rapport récent dévoile les comportements innovants des chimpanzés en matière de médecine naturelle. Des chercheurs de l’Université d’Oxford révèlent que ces primates se soignent eux-mêmes et aident leurs congénères, ce qui éclaire sur les pratiques médicales humaines. L’étude a été publiée le 14 mai dans la revue Frontiers in Ecology and Evolution.
- Une étude d'Oxford montre que les chimpanzés utilisent des plantes médicinales pour se soigner et aider leurs congénères.
- Les chercheurs ont observé ces comportements dans la forêt de Budongo, en Ouganda.
- Les chimpanzés traitent leurs blessures et s'entraident mutuellement en utilisant des plantes.
- Cette étude soulève des questions sur l'origine des soins médicaux humains et l'empathie chez les primates.

Elle s’inscrit dans une quête pour comprendre l’origine des soins médicaux humains à travers l’observation du comportement des primates tels que les chimpanzés, les orangs-outans et les gorilles. Selon le rapport, « comprendre les fondements cognitifs et sociaux des comportements de santé chez l’homme nécessite d’examiner leurs précurseurs évolutifs dans nos parents les plus vivants ». L’équipe de recherche britannique a consacré environ huit mois à observer des chimpanzés sauvages dans la forêt de Budongo, en Ouganda.
Ce travail minutieux a permis aux scientifiques de documenter comment ces animaux utilisent différentes plantes médicinales pour traiter leurs blessures et s’entraider mutuellement. Le Dr Elodie Freymann, chercheur principal, décrit avoir observé non seulement comment un chimpanzé traite ses propres blessures avec ces ressources naturelles mais aussi comment il aide d’autres à récupérer grâce à son propre savoir : « Les chimpanzés sauvages ont la capacité d’empathie ». Cela rejoint une découverte antérieure qui indiquait déjà que ces primates consomment certaines plantes pour se guérir de diverses afflictions.
Observations des chimpanzés
Freymann relate ses expériences sur le terrain : « Il peut y avoir des jours où vous êtes assis à la base d’un arbre pendant qu’il mange pendant huit heures, complètement déterminée par ce que le groupe a envie de faire ». Son étude révèle un engagement significatif envers autrui ; elle note ainsi 41 cas où un soin était donné à un individu blessé et 34 cas où le soin était personnel. La reconnaissance croissante du comportement prosocial chez les animaux soulève plusieurs questions parmi les scientifiques.
Comportements prosociaux
Isabelle Laumer, primatologue allemande, commente : « Les résultats montrent que certains types de comportement prosocial envers les non-kinaires peuvent être plus répandus qu’on le pensait auparavant », bien qu’elle insiste sur la nécessité d’enquêtes plus détaillées pour approfondir cette compréhension. En parallèle, Freymann exhorte à poursuivre ces recherches éthiques autour des ressources médicinales animales : « Observer et apprendre des animaux est un moyen incroyablement efficace si cela se fait éthiquement et responsable ». Cette étude ouvre ainsi une nouvelle perspective sur la relation entre médecine naturelle animale et humaine, incitant à réfléchir sur notre rôle face aux ressources qui nous entourent encore trop souvent sous-estimées.