Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de Toronto révèle que les matelas de berceau libèrent des produits chimiques toxiques qui pourraient affecter le développement des enfants. Malgré des réglementations sur certains matériaux, ces matelas contiennent encore des niveaux préoccupants de phtalates et de retardateurs de flammes.
- Une étude de l'Université de Toronto révèle des niveaux préoccupants de phtalates et de retardateurs de flammes dans les matelas de berceau.
- Des niveaux élevés de phtalates ont été mesurés dans 25 chambres d'enfants, affectant la qualité de l'air.
- La chaleur et le poids corporel amplifient la libération de produits chimiques toxiques des matelas.
- Les phtalates sont liés à divers problèmes de santé, et les chercheurs conseillent d'aérer les matelas et de minimiser les objets supplémentaires dans le berceau.

Des niveaux inquiétants dans les chambres d’enfants
Le 15 avril, une étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology met en lumière un problème environnemental grave. Des chercheurs de l’Université de Toronto ont mesuré la qualité de l’air dans 25 chambres d’enfants âgés de 6 mois à 4 ans, découvrant des niveaux inquiétants d’« au moins deux douzaines » de phtalates, ainsi que des retardateurs de flammes et des filtres UV.
La professeure Miriam Diamond, principale auteure de l’étude, a déclaré : « Notre étude a révélé des niveaux élevés de phtalates qui sont limités dans les jouets, mais pas dans les matelas. »
Impact du poids et chaleur corporels
Une seconde phase a testé 16 nouveaux matelas pour enfants, révélant que la chaleur et le poids du corps d’un enfant amplifient le dégagement toxique. Jane Houlihan, directrice recherche chez Healthy Babies Bright Futures, a précisé : « Ils ont constaté que même quelque chose d’aussi simple que la chaleur et le poids du corps d’un enfant sur un matelas peuvent augmenter la libération de produits chimiques toxiques. »
Miriam Diamond a complété cette analyse en ajoutant : « Nous avons trouvé un dégazage plus élevé quand vous chauffez; c’est logique. Plus il y a chaleur et pression, plus les émissions sont élevées au-dessus du matelas. »
Dangers pour la santé
Les conséquences potentielles du contact avec ces produits chimiques sont alarmantes : les phtalates ont été liés à divers problèmes tels que troubles reproductifs, asthme, obésité infantile et même cancers.
Les chercheurs conseillent aux parents plusieurs stratégies pour réduire cette exposition : laisser « de nouveaux produits » s’aérer au soleil pendant plusieurs semaines avant leur utilisation auprès d’enfants est recommandé.
Miriam Diamond suggère également qu’« il est préférable de minimiser les articles supplémentaires dans le berceau », comme les peluches.
Un défi pour tous les parents
L’étude précise qu’il n’existe pas une catégorie spécifique ou dominante parmi ces matelas testés ; tous émettent ces substances nocives indépendamment du prix ou des matériaux utilisés. Certains contenaient même des additifs dépassant les normes canadiennes concernant leur utilisation pour les enfants âgés de moins de trois ans.
Pour illustrer ce phénomène diviseur entre sécurité apparente et réalité matérielle environnementale en matière infantile, Miriam Diamond conclut en utilisant une métaphore évocatrice liée au vinyle ancien : « Avez-vous déjà eu un vieux vinyle ? La raison pour laquelle il se fissure est parce que le plastifiant quitte le polymère; c’est similaire ici – ce qui émane va danser brusquement autour de nous pendant notre sommeil. »