Des chercheurs se tournent vers l’espace pour trouver un remède à la maladie du motoneurone
Les experts en recherche biomédicale envisagent de mener des études sur les maladies du motoneurone, comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA), dans l’espace. Selon le professeur Alysson Muotri, il est « très probable » qu’un remède puisse être découvert grâce aux conditions uniques offertes par l’orbite terrestre.
La SLA est une maladie dégénérative incurable qui affecte les capacités motrices et respiratoires des patients, entraînant une paralysie progressive. Stephen Hawking, célèbre physicien atteint de cette maladie depuis 1963 jusqu’à sa mort en 2018, a défié toutes les attentes en vivant pendant 55 ans avec la SLA. Cependant, beaucoup d’autres ne survivent que quelques mois à quelques années après leur diagnostic.
À l’heure actuelle, aucun traitement définitif n’existe pour cette pathologie. Les traitements disponibles visent principalement à ralentir sa progression et à gérer la douleur. C’est dans ce contexte que des chercheurs espèrent tirer parti des caractéristiques de l’environnement spatial pour améliorer leurs études.
Pourquoi l’espace pourrait être la clé pour guérir les maladies du motoneurone
L’étude des maladies du motoneurone sur Terre rencontre plusieurs difficultés liées au manque de modèles humains pertinents selon les âges concernés. Le professeur Muotri explique : « À l’heure actuelle, nous ne disposons pas d’un modèle humain de MND pertinent selon l’âge et cette stratégie peut probablement aider ».
Les scientifiques ont déjà développé des organoïdes – ces mini-cerveaux pouvant étudier le fonctionnement neuronal –, mais ils manquent d’un facteur déterminant : le temps. La MND étant une maladie dégénérative qui s’aggrave avec le vieillissement, il leur faut reproduire rapidement les dommages aux cellules nerveuses.
Les températures extrêmes ainsi que le rayonnement spatial pourraient permettre un vieillissement accéléré des cellules cérébrales humaines. Ce phénomène serait essentiel pour réduire la durée nécessaire aux recherches sur ces maladies car il pourrait simuler le processus naturel de dégradation cellulaire observé chez les patients.
Le professeur Clive Svendsen dirige actuellement un projet ayant pour objectif de cultiver ces mini-cerveaux dans un environnement spatial : « L’idée était que si nous les cultivions en microgravité, ils formeraient automatiquement de meilleures cultures », a-t-il déclaré. Actuellement impliqué avec SpaceX et divers laboratoires envoyant des cellules vers la Station spatiale internationale (ISS), Svendsen souligne également certains effets secondaires notables chez les astronautes : “Mais le yang c’est que les astronautes subissent toutes sortes d’effets secondaires étranges dus à la microgravité”.
Ces défis pourraient cependant se transformer en opportunités uniques dans la quête d’un remède contre cette maladie dévastatrice. Alors que certains résultats sont attendus suite aux expériences menées dans cet environnement inédit, tous espèrent qu’il offrira finalement une réponse définitive à ceux souffrant de SLA et autres pathologies similaires dans un avenir proche.