Tarik Saleh : Un réalisateur entre politique et cinéma de genre
Le réalisateur suédois d’origine égyptienne, Tarik Saleh, se positionne au croisement du cinéma politique et du cinéma de genre. Alors que son dernier film, « Les Aigles de la République », est en salle, il revient sur sa carrière riche en explorations thématiques.

« Sacrificio : who betrayed Che Guevara » (2001)
Dans ses débuts, Tarik Saleh réalise le documentaire « Sacrificio » avec Erik Gandini. Ce film interroge les mystères entourant la mort de Che Guevara. Il déclare : « C’est une histoire qui me passionnait. Mais à y repenser maintenant, j’y vois beaucoup de mon immaturité à l’époque. J’avais cette idée d’y accoler beaucoup de musique, trop sûrement ».
« Gitmo The New Rules of War » (2005)
Saleh s’attaque ensuite à un sujet plus délicat avec son documentaire sur le camp militaire américain de Guantanamo. Pour lui, cette expérience fut marquante : « C’est une des pires expériences de ma vie. On ne ressort jamais indemne d’une telle expérience ».
« Metropia » (2009)
Pour son premier long métrage fictif, il choisit l’animation avec son film dystopique intitulé « Metropia ». Il explique : « Je viens du dessin donc c’était évident que je tente le chemin de l’animation. mais pour un cinéaste, cela peut devenir frustrant».
« Tommy » (2014)
Saleh explore le thème du thriller dans « Tommy », centré sur une femme cherchant un butin caché après le retour en Suède. Au sujet des tragédies grecques qu’il admire, il précise : « J’aime les tragédies grecques. mais continue, coûte que coûte ».
« Le Caire Confidentiel » (2017)
Son véritable tournant survient avec ce film acclamé par la critique. Vainqueur au festival Sundance et succès public inattendu en France, Saleh confie : « Pour ce film… l’envie de genre est venue bien avant le contenu social et politique du film ».
Séries TV
Peu après cet exploit cinématographique, il réalise un épisode pour chacune des séries à succès américaines “Ray Donovan” et “Westworld” en 2018 tout en écrivant des scénarios.
« The Contractor » (2022)
Malgré des similitudes avec les films d’action hollywoodiens classiques comme ceux réalisés par Michael Bay , Tarik Saleh évoque sa bonne expérience à Hollywood : « Quand vous tournez un épisode de ‘Westworld’, ce n’est pas de la télé mais vraiment des conditions de cinéma ». Cependant, The Contractor rencontre des difficultés lors de sa sortie.
« La Conspiration du Caire » (2022)
Saleh aborde encore sa terre natale avec une plongée dans l’espionnage via „La Conspiration du Caire”. En réponse aux critiques émises à son encontre par rapport à ses films jugés politiques: “Je ne critique pas la religion… mais je veux interroger la notion…qui bouleverse encore aujourd’hui toutes nos sociétés”.
« Les Aigles de la République » (2025)
Avec ce dernier chapitre annoncé comme tragi-comique et mettant en lumière les défis sociaux contemporains sous le régime d’Abdel Fattah al-Sissi, il ajoute : “C’est un film sur le mensonge… celui que l’on fait à soi-même «.
À travers ces œuvres variées allant du documentaire engagé aux thrillers captivants alternés aux récits intimes traitant della recherche personnelle ou identitaire, Tarik Saleh montre toute l’étendue d’un choix artistique ancré dans des réflexions sociétales brûlantes tout autant qu’essentials.