Eye Haïdara : entre engagement et vérité dans « Six jours ce printemps-là »

L’actrice Eye Haïdara, révélée par le film « Sens de la fête » en 2017, interprète actuellement le rôle de Sana dans le film « Six jours ce printemps-là », réalisé par Joachim Lafosse. Ce long-métrage retrace les épreuves d’une mère en plein divorce, tentant de protéger ses enfants tout en défiant les conventions sociales. Au cours d’un entretien, Eye évoque ses inspirations, sa carrière et son attachement à son rôle.
Un projet inspiré du vécu du réalisateur
Dans cet entretien accordé à Paris Match, Eye Haïdara partage son attrait pour l’univers de Joachim Lafosse et les récits qui mettent en lumière des vies ordinaires. « J’aime les films qui racontent les gens ordinaires », déclare-t-elle. Le scénario résonne avec des thématiques profondes telles que le glissement social dû à une séparation. C’est ce que l’actrice a découvert avant même le tournage.
« Je savais que j’allais avoir la charge de sa maman», dit-elle en décrivant comment elle a pu échanger avec lui sur ses souvenirs d’enfance. Ce processus collaboratif lui a permis de mieux comprendre son personnage.
Les défis du rôle
À propos du personnage de Sana, Eye souligne la nature transgressive des actions de celle-ci : « Elle transgresse parce qu’elle a peur d’être confrontée au refus ». Pour Eye, ces choix reflètent une tentative désespérée d’assurer un environnement sain malgré la perte symbolisée par cette maison familiale.
Bien qu’elle n’ait pas connu personnellement la violence du divorce, car ses parents sont toujours ensemble, elle ressent une forte connexion émotionnelle avec les luttes maternelles décrites dans le film : « L’envie de protéger ses enfants [.] c’est quelque chose qui me parle ».
Une passion ancrée depuis l’enfance
Eye révèle également qu’avant de devenir actrice, elle souhaitait être juge pour enfants. Cela illustre son intérêt marqué pour l’enfance et les enjeux qu’elle comporte : « J’ai toujours aimé travailler dans le monde de l’enfance ».
Son parcours vers la comédie s’est précisé au fil des années, notamment grâce à sa formation auprès d’Éric Vigner et à des expériences marquantes comme sa rencontre avec Jean-Luc Godard lors du casting pour “Film socialisme”, période où elle avoue ne pas avoir mesuré toute sa portée.
Un regard critique sur sa carrière
Eye se souvient comment « Le sens de la fête » lui a permis d’affirmer ses choix professionnels au fil du temps. Elle explique que si débuter implique souvent d’accepter divers projets, parfois médiocres, cela reste essentiel pour apprendre.
Elle reconnait également combien il est important pour elle d’aborder chaque projet comme un acte engagé : « On dit oui à un film pour des idées ». Elle ajoute que certains projets peuvent offrir juste assez de matière ou de sens à communiquer, ce qui motive son implication.
Une identité culturelle enrichissante
D’origine malienne, Eye Haïdara explore aussi son lien avec cette culture sans pouvoir réellement définir une frontière claire entre cela et sa vie quotidienne actuelle. Son voyage au Mali lui permet autant découvrir son passé familial qu’enrichir sa vision artistique.
Enfin, concernant Sana, Eye insiste sur le fait que c’est une figurante intransigeante mais forte : elle lutte sans jamais fléchir devant ses enfants ; une caractéristique essentielle aux yeux d’Eye qui retient surtout des moments pleins intrinsèques plutôt que seulement spectaculaires dinamiques émotionnelles.
Conclusion ouverte
Le parcours riche et varié d’Eye Haïdara témoigne non seulement de son talent indéniable mais aussi d’une profonde réflexion sur ces thèmes importants tels que parentalité fracassée ou sacrifice individuel au profit collectif. Son engagement envers chaque personnage illumine davantage les enjeux contemporains tout en offrant aux spectateurs un miroir complexe mais nuancé rendus par ces défis humains quotidiens.