Le Rassemblement National dévoile son contre-budget pour 2026
Le 23 octobre, Marine Le Pen a présenté le contre-budget de son groupe en vue du projet de loi de finances pour l’année 2026. Ce fascicule aux accents pro-business pourrait bien redéfinir l’image du Rassemblement national (RN) dans le paysage politique français, alors que les débats s’annoncent tendus avec le gouvernement et les autres partis d’opposition.

Une vocation pro-business affirmée
La présentation a eu lieu dans un contexte où la feuille de route gouvernementale suscitait des attentes après les promesses budgétaires d’été. Après les remous provoqués par François Bayrou au début septembre, la dynamique semblait favorable au RN. Pourtant, Sébastien Lecornu a réussi à éviter une motion de censure grâce à un soutien inattendu des Républicains et du Parti socialiste. Dans ce jeu complexe, le RN doit maintenant renoncer à ses ambitions gouvernementales et se positionner comme l’opposant principal.
Marine Le Pen a défendu le contre-budget, le qualifiant d’« une copie qui vient corriger la copie initiale et reste perfectible ». Cette tactique vise à séduire ceux qui doutent encore des compétences économiques du parti, notamment face aux critiques récurrentes sur leur approche jugée trop socialiste.
Des mesures concrètes pour attirer les électeurs
Ce programme met en avant plusieurs réductions importantes :
- Diminution prévue des dépenses liées à l’immigration de 11,9 milliards.
- Suppression de subventions aux associations d’un montant totalisant 3,2 milliards.
- Réduction significative des contributions françaises à l’Union européenne estimées à 8,7 milliards.
- Impôts supplémentaires sur les superdividendes augmentés à 1,3 milliard, ainsi qu’un impôt sur la fortune financière rehaussé à 4 milliards.
En tout, Marine Le Pen espère réaliser près de 90 milliards d’euros en baisses « mauvaises dépenses » combinées avec ces recettes fiscales nouvelles.
« Voter pour 29 milliards d’impôts supplémentaires pour préserver cette suspension ? Il en est hors de question », martèle-t-elle. Avec une vision claire sur les réductions fiscales, y compris un doublement concernant ces dernières, elle insiste sur sa volonté d’enrayer ce qu’elle appelle « l’effet boule de neige » touchant actuellement les finances publiques françaises.
Jean-Philippe Tanguy évoque prudemment cet affrontement économique face aux équipes gouvernementales tout en entretenant ses propres réserves quant aux réalités financières que cela implique.
Une opposition résolue mais confrontée aux réalités politiques
Ce contre-budget sera probablement rejeté par le reste des oppositions ainsi que par le gouvernement lors des débats prévues dans les mois prochains. En parallèle, Marine Le Pen souligne que toute tentative du RN visant une réforme fiscale se heurtera durement tant vis-à-vis du contenu proposé que face à leurs propres idéaux politiques : « Nous disons que le premier enjeu est de faire des économies à l’État sur son train de vie ».
À peu près là où elle se trouve aujourd’hui semble donc entaché d’incertitude face au chemin ardu qui attend le RN dans un climat politique instable.