« Veuve noire », le film actuellement numéro 1 sur Netflix, retrace une affaire criminelle qui a secoué l’Espagne en 2017. L’histoire s’articule autour de Maje, une veuve suspectée du meurtre de son mari Antonio Navarro Cerdán. La production, tout en romançant certains faits, cherche à donner un éclairage nuancé sur les événements.
- Le film « Veuve noire » retrace l'affaire criminelle de 2017 impliquant Maje, la veuve de Antonio Navarro Cerdán.
- Il s'inspire d'un fait divers survenu à Valence, où un homme est retrouvé poignardé dans son parking.
- La narration du film se divise en trois points de vue : celui de l'inspectrice Esther, de la veuve Maje et de l'accusé Salvador.
- L'équipe a modifié les noms pour préserver l'anonymat des personnes impliquées et a évité les scènes trop délicates.

Un fait divers dramatique et ses adaptations
Le film « Veuve noire » tire son inspiration d’un fait divers survenu à Valence, où un homme est retrouvé poignardé dans son parking en 2017. Les soupçons se portent rapidement sur sa jeune veuve, Maje, qui se distingue par des mensonges fréquents et des relations multiples.
La narration du film repose sur trois points de vue : celui de l’inspectrice Esther (nommé Eva dans le film), celui de la veuve Maje et enfin celui du coupable Salvador (renommé Salva). Ce choix narratif étonnant contribue à enrichir l’expérience du spectateur.
À noter que le générique indique que le récit s’inspire d’une histoire vraie, tout en soulignant que « certains personnages et éléments ont été romancés pour raisons artistiques et de confidentialité ».
Changements perspectifs
Plusieurs noms ont été modifiés pour préserver l’anonymat des personnes impliquées. Le mari de Maje porte dans le film le nom d’Arturo alors qu’il s’appelait véritablement Antonio Navarro Cerdán. Quant à l’inspectrice, son vrai nom était Esther ; des modifications ont également concerné les amants de Maje dont plusieurs aspects ont été simplifiés.
Ramón Campos, producteur du film, a expliqué dans une interview accordée à El Independiente : « Nous changeons toujours les noms qui n’ont aucun rapport avec le criminel. Nous avons essayé autant que possible de minimiser les dégâts que les histoires criminelles provoquent toujours. »
Collaboration avec les familles concernées
Contrairement au passé où des équipes avaient rencontré des réactions hostiles lors d’adaptations d’affaires complexes comme celle d’Asunta Basterra Maquieira, aucune réaction négative n’a émané depuis la sortie de « Veuve noire ». Ramón Campos a indiqué avoir contacté le frère d’Antonio par l’intermédiaire d’un journaliste local mais a respecté leur volonté ne souhaitant pas participer au projet.
Par ailleurs, afin d’éviter toute insistance cruelle durant la projection des événements tragiques liés à ce meurtre sordide, certaines scènes délicates sont absentes du montage final.
Documentation riche pour un récit détaillé
L’équipe artistique s’est appuyée sur plus de 3 000 appels audios collectés pendant l’enquête pour rendre compte fidèlement des faits. Ramón Campos précise : « Je ne voulais pas raconter l’histoire d’une femme fatale. C’est une fille narcissique qui a besoin d’être adulée. Il fallait que cela soit expliqué quelque part dans l’histoire. »
Finalement, bien que quelques informations sur leurs peines soient évoquées en fin de film concernant Maje et Salva (son complice), la trame évite toute mention approfondie suite aux événements judiciaires marquants ultérieurs auxquels ils ont dû faire face.
L’adaptation cinématographique ouvre une discussion importante autour du traitement médiatique des affaires criminelles ainsi qu’une réflexion nécessaire aboutissant aux conséquences sociales traumatiques engendrées par ces drames familiaux et sociétaux.