Une témoin des attentats du 13 novembre raconte son parcours de résilience
Le récit poignant d’une survivante des attentats du 13 novembre 2015 met en lumière les répercussions psychologiques d’un traumatisme et le processus de reconstruction. Elle évoque ses souvenirs et ses défis personnels depuis cette tragédie, ainsi que son engagement avec l’association Life for Paris.

Un souvenir gravé dans la mémoire
L’angoisse commence par les « premières rafales » entendues lors de l’attaque au Bataclan. « Je me souviens aussi que mon cerveau bloque tous les sons. je vois les éclairs sortir d’une kalachnikov », témoigne-t-elle. Dans ce moment de chaos, elle réussit à se mettre en fuite grâce à un agent de sécurité.
Plus tard, elle rencontre Ghislaine et Thomas, deux personnes qui étaient à côté d’elle pendant le concert. Ensemble, ils tentent de surmonter la peur qui les hante après cette nuit traumatique.
Le chemin vers la guérison
Après avoir passé un week-end chez des amis pour éviter la solitude, elle consacre une année à suivre un suivi psycho-trauma à l’hôpital Tenon puis se fait accompagner par une psychiatre jusqu’en avril 2024. Ses symptômes incluent crises de panique et hallucinations auditives, exacerbés lors du procès des terroristes : « Le procès a ravivé plein de choses – jusqu’à m’obliger à reprendre les antidépresseurs que j’avais arrêtés ».
Professionnellement, sa carrière subit également un coup dur ; elle est contrainte de changer de service en raison de son incapacité à gérer une équipe. Sa vie amoureuse est tout autant impactée : « Depuis , je n’ai plus aucune relation sentimentale ».
Un nouveau mode de vie
Les transports publics deviennent impossibles pour elle : « Le métro et le RER, c’est fini », explique-t-elle. Elle déménage vers la banlieue sud dans un appartement tranquille en rez-de-jardin pour retrouver un certain calme.
Malgré ces épreuves, elle reprend rapidement contact avec sa passion pour la musique. En février 2016, elle assiste au concert d’Eagles of Death Metal à l’Olympia avec ses compagnons Ghislaine et Thomas : « C’était cathartique ». Les mesures sécuritaires prises rassurent quelque peu le public encore marqué par la tragédie qu’ils ont vécue ensemble.
Engagement collectif et souvenir perpétuel
À travers l’association Life for Paris, elle participe activement aux démarches judiciaires concernant les victimes des attaques ainsi qu’à divers programmes sur le stress post-traumatique. Bien qu’il soit temps pour cette association d’être dissoute désormais que justice a été rendue, un comité perdurera pour organiser commémorations et entretenir des liens inébranlables entre ceux qui ont partagé ce chapitre sombre.
Ce témoignage poignant révèle non seulement les cicatrices laissées par ce drame mais souligne également l’importance du soutien communautaire dans le processus de guérison collective face au terrorisme.