Emmanuel Macron a décidé d’expulser douze agents algériens en réponse à l’expulsion de douze fonctionnaires français ordonnée par Alger. Cette escalade des tensions survient après un appel visant à relancer les relations bilatérales, laissant présager une détérioration significative entre la France et l’Algérie.
- Emmanuel Macron expulse douze agents algériens en réponse aux expulsions de fonctionnaires français.
- Les relations diplomatiques sont suspendues et l'ambassadeur français est rappelé pour consultations.
- Les fonctionnaires français expulsés sont en route pour la France.
- Alger qualifie sa décision d'« souveraine » et pointe Bruno Retailleau comme responsable du regain de tension.

Nous suspendons nos relations diplomatiques
Dans un communiqué officiel, Emmanuel Macron a annoncé ce mardi l’expulsion de « douze agents servant dans le réseau consulaire et diplomatique algérien en France » en représailles aux expulsions annoncées par l’Algérie le dimanche précédent.
Il a également rappelé pour consultations l’ambassadeur français à Alger, Stéphane Romatet. La présidence française a exprimé dans son communiqué que « les autorités algériennes prennent la responsabilité d’une dégradation brutale de nos relations bilatérales » et a appelé Alger à « faire preuve de responsabilité » afin de « reprendre le dialogue ». Sur CNEWS, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, a déclaré qu’il était « inadmissible que la France soit un terrain de jeu pour les services algériens ».
Retour des fonctionnaires français expulseés
Cette nouvelle intensification des tensions intervient seulement deux semaines après une conversation entre Emmanuel Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune qui devait relancer les relations franco-algériennes après plusieurs mois de crise. Les douze fonctionnaires français expulsés avaient été déclarés non grata par l’Algérie dimanche dernier et avaient 48 heures pour quitter le territoire. Cette décision était en réaction à l’arrestation puis à la mise en détention d’un agent consulaire algérien en France.
Une source diplomatique française a confirmé que ces fonctionnaires sont désormais « en route pour la France ». Jean-Noël Barrot avait averti sur France 2 que c’était « une décision regrettable qui ne sera pas sans conséquences », ajoutant que si l’Algérie choisissait d’escalader les tensions, la France réagirait avec fermeté.
Accusations mutuelles entre Paris et Alger
Lundi soir, Alger a qualifié sa décision d’« souveraine » tout en pointant Bruno Retailleau comme responsable du regain de tension.
Jean-Noël Barrot avait insisté sur le fait que Bruno Retailleau n’était pas impliqué dans cette affaire judiciaire, soulignant ainsi l’indépendance du système judiciaire français. Trois individus ont été mis en examen vendredi dernier à Paris pour des chefs graves incluant arrestation illégale et association avec entreprise terroriste liés aux actions contre Amir Boukhors – alias Amir DZ -, opposant au régime algérien. Ces accusés ont été placés sous détention provisoire.
Le chef de la diplomatie française a récemment affirmé sur X que le « dialogue », bien qu’essentiel, ne pouvait être « à sens unique », indiquant ainsi une volonté plus profonde d’engager les discussions tout en répondant fermement aux provocations extérieures. Ce développement souligne une dynamique complexe dans les relations franco-algériennes où chaque décision pourrait avoir des implications profondes tant au niveau politique qu’économique pour les deux nations.