Frankenstein de Guillermo del Toro : une réinvention tragique d’un classique littéraire
Le dernier film de Guillermo del Toro, Frankensteinoffre une nouvelle perspective sur le célèbre récit de Mary Shelley. Prévu pour sortir en salles le 24 octobre avant d’être diffusé sur Netflix le 7 novembre, ce long-métrage met l’accent sur la dimension humaine et émotionnelle des personnages plutôt que sur les éléments traditionnels d’horreur.

Un hommage à Mary Shelley
Guillermo del Toro a toujours exprimé son admiration pour l’œuvre de Mary Shelley et son adaptation cinématographique de 1931. Son film explore non seulement l’histoire mais révèle aussi comment la créature représente un profond symbole de quête d’amour et d’identité.
Del Toro évoque également L’Esprit de la ruche (1973), un drame espagnol qui a marqué sa jeunesse. Ce film mettait en scène une jeune fille dont la vie change radicalement après avoir vu une version itinérante du Frankenstein original. Ces influences soulignent l’importance des récits dans notre compréhension du monde.
La trame narrative innovante
Contrairement aux adaptations précédentes, Del Toro ne se concentre pas sur le monstre comme une figure effrayante. Au lieu de cela, il approfondit les motivations du docteur Victor Frankenstein (interprété par Oscar Isaac) et décrit largement ses traumatismes familiaux qui ont forgé sa personnalité destructrice.
Le film commence avec un navire pris dans les glaces où l’équipage découvre Victor blessé. Alors qu’il raconte son histoire à bord, la narration se divise entre lui et la Créature (jouée par Jacob Elordi), permettant à cette dernière d’exprimer sa propre souffrance et son désir d’appartenance.
Des performances remarquables
Jacob Elordi livre une performance intense qui souligne les émotions complexes de la créature, allant au-delà du stéréotype traditionnel du monstre. Del Toro insiste sur l’idée que ce récit est davantage centré sur « la famille » que sur « la science ».
Victor aspire à devenir Dieu mais abandonne ensuite sa création, laissant celle-ci livrée à un monde hostile. Les rapports très humains entre tous ces personnages dévoilent ainsi leurs vulnérabilités respectives.
Esthétique visuelle impressionnante
Avec une durée étendue de deux heures et demie, le film prend parfois des allures interminables. La première moitié se concentre plus particulièrement sur l’enfance tourmentée de Victor sans toutefois nuire au rythme narratif global.
La réalisation visuelle est saluée ; chaque détail architectural donne vie au château iconique tandis que la bande originale signée Alexandre Desplat contribue pleinement à l’atmosphère gothique recherchée par Del Toro.
Une réflexion profonde pour terminer
Ce nouveau Frankenstein pourrait bien être considéré comme le chef-d’œuvre final de Guillermo del Toro dans le genre horrifique gothique selon ses propres déclarations. À travers cette œuvre, il remet en question notre compréhension des monstres tout en rendant hommage à ceux qui sont souvent méconnus ou mal jugés.
Les critiques s’accordent déjà à dire qu’Elordi devrait être sérieusement considéré lors des prochaines saisons des récompenses cinématographiques grâce à son interprétation puissante. Un véritable appel à embrasser non seulement nos peurs mais aussi notre compassion envers ce qui apparaît autrement comme monstrueux.