Une comédie surréaliste des années 60 sur la famille Chambers
La nouvelle série « Government Cheese », diffusée sur Apple TV +, plonge les téléspectateurs dans la vie atypique de la famille Chambers, une famille noire fictive évoluant à la fin des années 1960. Créée par Paul Hunter et Aeysha Carr, l’émission explore des thématiques telles que l’aspiration et l’invention dans un cadre chargé d’un sentiment d’irréalité.
- La série «Government Cheese» suit la famille Chambers dans les années 1960.
- Les personnages principaux sont Hampton, Astoria, Einstein et Harrison.
- Le premier épisode montre Hampton sortant de prison et retrouvant sa famille.
- Astoria aspire à évoluer professionnellement malgré les attentes sociétales.

L’histoire suit Hampton (interprété par David Oyelowo) et Astoria (incarnée par Simone Missick) ainsi que leurs deux fils, Einstein (Evan Ellison) et Harrison (Jahi Di’allo Winston). Les Chambers poursuivent des passions rarement considérées, comme les inventions ou le saut à la perche. Le titre de l’émission fait référence à la distribution de produits alimentaires transformés aux familles à faible revenu mais évoque également des souvenirs nostalgiques liés aux créativités culinaires faites maison.
Un premier épisode chargé d’émotions
Le premier épisode commence avec Hampton sortant de prison après une peine pour fraude fiscale. Son look flamboyant attire immédiatement l’attention : Nancy Steiner, créatrice de costumes, a déclaré : « C’est un costume vert avec le haut de la moutarde… J’ai adoré cette fanfaronnade et cette audace. » Cet ensemble vestimentaire s’inscrit dans le thème du spectacle où chaque vêtement devient une façade révélant les ambitions personnelles du personnage.
Au moment où il retrouve sa famille dans leur maison en Californie, il est accueilli par une réaction mitigée d’Astoria qui incarne aussi bien l’incrédulité que la déception face au retour inattendu d’Hampton. Ce dernier se voit désormais comme un étranger chez lui après plusieurs années passées derrière les barreaux.
Un regard poétique sur la réintégration
Matthew J. Lloyd, directeur de la photographie sur le projet depuis sa conception originale en long métrage auprès d’Hunter il y a plus d’une décennie, indique qu’ils ont cherché à capturer comment un individu réintègre son propre espace devenu froid et méconnaissable : « Comment photographiez-vous quelqu’un qui revient dans leur propre espace ? »
Hunter rappelle qu’une grande partie du décor visuel tire ses influences poétiques notamment de William Eggleston ou David Lynch tout en intégrant leurs propres expériences respectives grandies au sein même du quartier où se situe l’histoire.
Des rêves professionnels et une réalité sociale
Astoria aspire aussi à évoluer professionnellement ; designer d’intérieur travaillant comme secrétaire, elle nourrit ses rêves via un tableau de vision rempli de coupures inspirantes aspirantes évoquant un monde rêvé encore éloigné. Warren Alan Young, destination designer averti, souligne que ce désir ne serait souvent pas représenté parmi les attentes conventionnelles sociétales vis-à-vis des Noirs : « Même dans notre communauté afro-américaine… beaucoup ne penseraient pas nécessairement à cela », souligne-t-il.
Ce regard unique porté par Hunter complète harmonieusement chacun des éléments narratifs tissés autour de personnages au penchant inventif ou loufoque tout en délivrant un message fort sur les espoirs partagés face aux réalités parfois brutales auquel chacun fait face jour après jour.