Le musée d’Art moderne de Paris met en lumière le travail de Gabriele Münter, une artiste allemande longtemps éclipsée par son compagnon, Vassily Kandinsky. Cette exposition retrace les différentes étapes et évolutions stylistiques de sa carrière, mettant notamment en avant ses contributions peu connues à l’expressionnisme allemand.
- Gabriele Münter, artiste allemande, est présentée dans une exposition au musée d'Art moderne de Paris.
- Elle a voyagé aux États-Unis avec sa sœur avant de s'installer à Paris, où elle a abandonné le postimpressionnisme pour le fauvisme.
- Elle a cofondé le mouvement Der Blaue Reiter et a exposé au Salon des indépendants en 1907.
- Malgré l'adversité nazie, elle a continué à peindre jusqu'à sa mort en 1962, avec des œuvres représentatives exposées.

Un parcours artistique riche et déterminant
Née en 1877, Gabriele Münter a voyagé aux États-Unis pendant deux ans avec sa sœur aînée. De retour en Europe, elle s’installe à Paris entre 1906 et 1907. Cette période est cruciale pour elle, marquée par un tournant où elle abandonne le style postimpressionniste au profit d’une peinture plus fauve. En 1907, elle fait sensation au Salon des indépendants où la place du portrait devient centrale dans ses œuvres.
L’artiste cofonde le mouvement Der Blaue Reiter (le Cavalier bleu) l’année suivante. Ses créations se distinguent par des formes simples enveloppées de couleurs vives associées à des contours noirs.
Une influente communauté artistiquement engagée
Münter achète une maison à Murnau en 1909, accueillant plusieurs figures importantes de l’avant-garde munichoise comme la peintre Marianne von Werefkin ou la journaliste Sylvia von Harden. Elle exprime également son intérêt pour les dessins d’enfants et s’inspire des pratiques vernaculaires bavaroises en explorant la peinture sur verre.
Dans les années 1920, après avoir vécu principalement en Scandinavie durant la Première Guerre mondiale, Münter commence à représenter des scènes modernes telles que « Les auditrices », qui dépeint quatre femmes assises sur un canapé face à un masque africain énigmatique.
Des œuvres révélatrices malgré l’adversité
Avec l’émergence du nazisme, Gabriele Münter choisit de se retirer progressivement du monde artistique et expose de moins en moins ses travaux jusqu’à sa mort en 1962. La période allant de 1930 à 1960 est représentée par quelques toiles témoignages : on y retrouve un « Lac bleu » aux accents fantastiques ainsi que des maisons étirées évoquant le film Metropolis de Fritz Lang.
L’exposition intitulée « Gabriele Münter. Peindre sans détours » rend visibles ces compétences méconnues tout autant que sa persistance dans son exploration artistique jusqu’au bout.
Cette rétrospective sera ouverte aux visiteurs jusqu’au 24 août, offrant enfin une reconnaissance justifiée à cette pionnière souvent oubliée de l’expressionnisme allemand.