Quatre-vingts femmes ont témoigné des agressions sexuelles et viols présumés de Gérard Miller, psychanalyste et ancien chroniqueur emblématique. Alors que le parquet de Paris a ouvert une enquête, les victimes s’inquiètent d’un manque de progression dans la procédure judiciaire.
- Quatre-vingts femmes ont témoigné d'agressions sexuelles et viols présumés contre Gérard Miller.
- Le parquet de Paris a ouvert une enquête suite aux plaintes.
- Aude G., une des premières à avoir déposé plainte, craint un manque de progression dans la procédure judiciaire.
- Miller maintient son innocence mais les victimes présumées restent inquiètes.

Un témoignage accablant et inquiétant
Dans un entretien diffusé sur RTL le 12 avril 2024, Aude G., l’une des premières à avoir déposé plainte contre Gérard Miller, a exprimé ses craintes face au silence qui entoure la procédure judiciaire. Elle assure avoir été victime d’un viol en 2001, alors qu’elle n’avait que 17 ans. Cette révélation est survenue à un moment où quatre-vingts femmes témoignent des comportements inappropriés du psychanalyste connu notamment pour sa présence dans l’émission « On a tout essayé » sur France 2.
Le parquet de Paris, avisé par des journalistes du magazine Elle, Alice Augustin et Cécile Ollivier, a lancé une enquête préliminaire concernant des faits « susceptibles d’être qualifiés de viols et d’agressions sexuelles », y compris sur des victimes mineures. Dix femmes ont désormais porté plainte contre Miller.
Des témoignages accablants
Aude G. souligne son désappointement face à l’absence de justice : « Je suis un peu tombée des nues. Je me disais que si on était nombreuses à avoir déposé plainte, il est potentiellement dangereux. Pourquoi on ne réagit pas ? » Elle craint surtout que cet état figé permette à Gérard Miller de nuire encore à d’autres.
Une défense farfelue
L’accusé maintient son innocence dans le livre-enquête intitulé Anatomie d’une prédation (Éd. Robert Laffont), affirmant n’avoir « jamais abusé sexuellement de quiconque ». Toutefois, pour les victimes présumées comme Aude G., la situation demeure insupportable : « Il y a une sorte d’épée de Damoclès au-dessus de ma tête », confie-t-elle avec anxiété.
Alors que le procès reste indéfini sous la couverture légale du principe de présomption d’innocence, les plaignantes espèrent voir leur voix enfin entendue et réclament avant tout « la vérité ».
Cette affaire soulève une question plus large sur la durée des procédures judiciaires liées aux violences sexuelles en France et met en lumière les difficultés rencontrées par celles qui osent parler pour faire valoir leurs droits face à ce genre d’abus.