Goldman Sachs pense qu'une décennie pourrait être nécessaire pour réduire la domination chinoise sur les terres rares

L’emprise de la Chine sur les terres rares et ses implications géopolitiques

  • La Chine contrôle la majorité de la production et du raffinage des terres rares.
  • Il pourrait falloir dix ans pour que l'Occident réduise sa dépendance.
  • Les efforts occidentaux pour créer des chaînes d'approvisionnement indépendantes prennent du temps.
  • Les tensions diplomatiques autour des terres rares resteront élevées dans les années à venir.

Goldman Sachs pense qu’une décennie pourrait être nécessaire pour réduire la domination chinoise sur les terres rares

La domination de la Chine dans le domaine des terres rares soulève des préoccupations stratégiques pour l’Occident. Selon Goldman Sachs, il pourrait falloir jusqu’à une décennie pour que les pays occidentaux réduisent leur dépendance vis-à-vis de Pékin, qui contrôle 92% du raffinage et 98% de la production d’aimants à partir de ces matériaux essentiels.

Une domination écrasante

Daan Struyven, co-responsable de la recherche mondiale sur les matières premières chez Goldman Sachs, a partagé son analyse lors d’un podcast publié mardi : « La domination de la Chine est vraiment massive. » En effet, le contrôle chinois sur ce secteur confère à Pékin un levier significatif dans les négociations commerciales, rendant le marché particulièrement vulnérable aux tensions politiques entre Washington et Pékin.

Importance stratégique des terres rares

Considérés comme l’une des ressources les plus stratégiques au monde, ces métaux précieux sont cruciaux pour divers secteurs technologiques tels que les systèmes de défense ou encore les semi-conducteurs avancés. Malgré cette importance stratégique accrue, le marché mondial des terres rares demeure relativement petit – environ 33 fois moins important que celui du cuivre en termes de valeur totale produite.

Les efforts occidentaux tardent à porter leurs fruits

Les gouvernements occidentaux se sont engagés à investir des milliards dans le renforcement de leur capacité nationale en matière de production des terres rares. Cependant, Struyven observe qu’il faudra plusieurs années avant d’observer un changement significatif : « Il faudra des années pour construire des chaînes d’approvisionnement indépendantes en Occident », a-t-il affirmé. Pour lui, établir une nouvelle mine prendrait environ dix ans et quatre à cinq ans seraient nécessaires pour mettre en place une raffinerie.

Contexte diplomatique tendu

Alors que Donald Trump poursuit sa visite dans plusieurs pays asiatiques ayant signé récemment des accords sur les terres rares visant à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement, il doit également rencontrer jeudi le président chinois Xi Jinping en Corée du Sud. Les discussions autour des terres rares seront sans doute cruciales alors que Pékin a élargi ses contrôles d’exportation ce mois-ci ; une nouvelle réglementation entrera en vigueurà partir du 8 novembre prochain.

« En fin de compte, les contours finaux de tout accord commercial entre les États-Unis et la Chine doivent encore être signés par les deux présidents respectifs », précise Struyven tout en notant : « Et je ne pense pas que ce problème va disparaître de sitôt. »

Cet enjeu continuera probablement à dicter le ton des relations commerciales entre l’Occident et la China au cours des prochaines années.

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