Aux États-Unis, une enseignante et un père de famille de 36 ans sont salués comme des « héros » après la fusillade survenue dans l’école primaire de Silver Rail, à Bend (Oregon), qui a coûté la vie à trois enfants et une professeure. Tous deux ont permis d’arrêter définitivement l’auteur présumé des tirs, identifié comme John J. Griffin, âgé de 16 ans.

Le jeune homme est suspecté d’avoir tué une enseignante de 25 ans et trois enfants, âgés de 5,8 et 11 ans, dans une classe destinée à des enfants nécessitant une prise en charge spéciale ou souffrant de handicap. Une fillette de 7 ans, blessée sur place, a reçu des soins d’urgence avant d’être hospitalisée. Une enseignante de 54 ans a également été blessée par balle au bras et à la main et a subi une intervention chirurgicale. Leurs jours ne sont pas en danger.
Pendant la fusillade, une autre enseignante, présente dans la salle, a tenté de s’interposer. Selon le chef de la police de Bend, Mike Krantz, cette femme « a jeté son téléphone portable » sur le tireur, avant de le plaquer au sol. « Elle s’est battue pour lui prendre son arme. Elle n’a pas été blessée lors de cet incident, mais elle a très certainement contribué à éviter un bain de sang », a-t-il ajouté, qualifiant son acte d’« héroïque », selon CBS News.
« Je l’ai tué, maman »
Si aucune information supplémentaire n’a été dévoilée sur cette professeure, l’homme qui a abattu l’assaillant a été identifié par son frère, Kyle, qui s’est confié à NBC News. Il s’agit de Kaylub Giamanco, 36 ans, père de deux petites filles scolarisées à Silver Rail. Pour le moment, assure son frère, il ne souhaite pas s’exprimer sur le drame : « Il n’arrive pas à chasser l’image des enfants de son esprit et se sent coupable de ne pas avoir sauvé davantage de personnes. »
Au micro de CBS News Sacramento, leur mère, Kenda Freeman, a confirmé l’information. « Il ne cherche pas à être reconnu, mais souhaite plutôt exprimer sa gratitude aux premiers intervenants, au personnel scolaire et à la communauté pour l’élan d’amour et de soutien apportés », a-t-elle assuré. Elle raconte que son fils, qui rentrait chez lui pour la pause déjeuner, a aperçu le tireur en train de pénétrer dans la salle de classe. « Kaylub a tout de suite compris que quelque chose clochait. Il s’est garé sur la pelouse, a pris son arme et a suivi le tireur jusque dans l’école. » Selon elle, Kaylub Giamanco, charpentier de profession, lui aurait dit au téléphone : « Je l’ai regardé droit dans les yeux, et je l’ai tué, maman. »
Un drame qui relance le débat sur le port d’armes
D’après son profil Facebook, le père de famille s’était entraîné au tir en 2018 avec des vétérans de l’armée ayant servi en Irak. Dans la foulée de la fusillade, une cagnotte a été ouverte en son honneur par une amie de la famille Giamanco. Pas moins de 221 000 dollars (environ 197 000 euros) ont déjà été récoltés, destinés notamment à couvrir les frais d’accompagnement psychologique, les pertes de revenus et les dépenses courantes de la famille.
Depuis Washington, Donald Trump a qualifié le père de famille de « héros », revenant sur le débat sur le port d’armes dans le pays : « C’est une situation terrible, mais heureusement il y avait un homme qui avait une arme et savait s’en servir. » La NRA, le puissant lobby américain des armes, lui a emboîté le pas, estimant que « son action décisive illustre l’héroïsme des citoyens ordinaires qui sont prêts à intervenir lorsque des vies innocentes sont en jeu ».
À l’inverse, le mouvement March For Our Lives, lancé après une tuerie dans un lycée de Floride en 2018, a répliqué sur X qu’il « vaudrait mieux se concentrer sur comment cela a commencé : un système qui a permis qu’une arme à feu tombe entre les mains d’une personne de 16 ans ». John J. Griffin était armé d’un fusil à pompe enregistré au nom de sa mère, qui le lui aurait offert en cadeau pour ses 16 ans en août dernier, rapporte le Times.