Imogen Heap a récemment légalement ouvert l’accès à son ambiance musicale via une plateforme d’IA générative, Jen. Cela intervient alors que sa chanson de 2005 « Headlock » connaît un regain de succès sur TikTok, devenant son plus grand morceau.
Imogen Heap s’engage pour l’IA musicale
L’artiste Imogen Heap vient de faire un pas innovant dans le monde de la musique générative en permettant aux fans d’utiliser légalement certains éléments de ses chansons grâce à une nouvelle fonctionnalité de la plateforme AI-Music Jen. Heap est ainsi devenue la première artiste à participer à ce projet qui offre aux utilisateurs la possibilité d’incorporer « l’ambiance, la sensation, le style rythmique et les textures des instruments » issus de ses titres sous licence dans leurs créations personnelles.

« Ce qui est vraiment excitant à propos de Jen, c’est que c’est le premier service que je ressens pleinement à comprendre l’importance d’attendre pour bien faire les choses », a déclaré Imogen Heap au sujet de cette plateforme naissante.
Jen se distingue des autres entreprises du secteur car elle ne s’appuie que sur des œuvres entièrement sous licence. Selon Shara Senderoff, cofondatrice et PDG, le service reverse 70% des revenus générés aux artistes lorsque leur musique est utilisée via ces filtres.
Les utilisateurs peuvent acquérir différents niveaux d’accès avec des frais variant entre 4,99 € pour environ 90 minutes de musique inspirée par Heap et 7,99 € pour une option premium où les résultats seront encore plus influencés par ses morceaux emblématiques tels que « Goodnight and Go », « Just for Now », « Hide and Seek » et « What You Are ».
Heap bénéficie également d’un moment opportun : alors que « Headlock » retrouve popularité grâce à TikTok, elle voit également revenir les droits sur certaines œuvres très populaires après 20 ans. Elle décrit cela comme « cette tempête parfaite ». Son engagement avec Jen repose sur sa technologie Auracles qu’elle développe depuis dix ans pour gérer rapidement métadonnées et autorisations nécessaires.
Il est important de noter qu’à part quelques exceptions comme Timbaland, peu d’artistes ont soutenu publiquement l’utilisation de l’IA dans la musique. La plupart critiquent les sociétés utilisant leur œuvre sans autorisation. « Je suis “yay, IA” avec des gens qui ont des éthiques… Je veux construire un système qui permet autant de collaboration ouverte que possible », souligne-t-elle.
Heap critique aussi le modèle économique traditionnel : ne sortant pas d’album depuis 2014, elle déclare ne jamais vouloir y retourner. Elle évoque avoir réalisé 12 000 € avec une vente récente via une plateforme rémunératrice en contraste avec moins d’un millier obtenus après plusieurs centaines de milliers d’écoutes sur Spotify.
Elle encourage finalement ses confrères musiciens à explorer (avec précaution) les avenues offertes par l’IA agréée : « Plus vous êtes ouverts, plus les choses se produisent ».
Cette initiative pourrait marquer un tournant vers une acceptation plus large du numérique mais soulève également des questions quant au futur modèle économique musical face aux développements technologiques incessants.