La série « La servante écarlate », adaptation du roman de Margaret Atwood, a durablement marqué la culture populaire depuis sa première diffusion en 2017. Avec six saisons au compteur, l’actrice Elisabeth Moss, qui incarne June Osborne, témoigne des répercussions de cette œuvre sur la perception des droits des femmes et son propre parcours artistique.
Une série prophétique face à un monde en mutation
Depuis son lancement avant la pandémie de Covid-19, « La servante écarlate » a capté l’attention du public dans un contexte politique amer aux États-Unis sous Donald Trump. Révélant une société américaine plongée dans un régime totalitaire et conservateur, le récit évoque les luttes des femmes pour disposer librement de leur corps. Elisabeth Moss souligne que « au tout début de la série, ceux qui en faisaient partie n’avaient qu’un seul espoir : que le public s’y attache suffisamment pour qu’une deuxième saison voie le jour ». Le succès rencontré a largement dépassé cette simple ambition.

Un personnage emblématique devenu symbole de résistance
Elisabeth Moss incarne June avec force et détermination, alliant candeur et bravoure. Elle explique avoir eu la chance d’évoluer entre plusieurs projets ambitieux : « Il était presque impensable de jouer à quelques années d’intervalle dans des shows d’un tel calibre ». Ce personnage est désormais reconnu mondialement comme un symbole puissant pour les manifestations en faveur des droits des femmes. L’actrice remarque : « Je n’ai jamais pris ce symbole à la légère. Que ce costume, à la base synonyme de soumission, devienne un emblème de militantisme et de résistance à l’échelle planétaire est un aboutissement en soi ».
Dans sa sixième saison récemment diffusée sur Ciné+ OCS, elle a également fait ses débuts derrière la caméra avec quatre épisodes réalisés par ses soins. Elle commente cette expérience avec enthousiasme : « Je me suis fait l’effet d’une gamine à qui les adultes auraient confié le volant d’une énorme machine ».
Reflet personnel et professionnel
Cette aventure professionnelle a coïncidé avec des évolutions personnelles notables pour l’actrice. En effet, elle est devenue mère l’année dernière après huit années passées à incarner une mère sur petit écran : « J’aurai passé huit ans de ma vie à jouer une mère sur un plateau, avant de le devenir dans la vie ».
Alors que « La servante écarlate » se dirige vers son épilogue avec un futur sequel intitulé « Les testaments », Elisabeth Moss prolonge ainsi ses réflexions tangibles sur ces années marquantes : « Beaucoup de larmes, de sang et de rage – celle de mon personnage. Mais surtout l’impression d’avoir vécu mille vies ».
Ce dernier chapitre plonge ainsi non seulement dans le panorama tumultueux américain mais représente également une conversation profonde autour du rôle des femmes tant sur nos écrans que dans notre société contemporaine.