L’Opéra Métropolitain présente une nouvelle production d’« Antony et Cléopâtre » de John Adams.
- L'Opéra Métropolitain présente une nouvelle production d'« Antony et Cléopâtre » de John Adams.
- La mise en scène interroge la construction des images publiques à travers l'Égypte antique, Hollywood des années 1930 et la culture médiatique contemporaine.
- Elkhanah Pulitzer, Mimi Lien et Constance Hoffman ont imaginé une esthétique mêlant l'Égypte antique, Hollywood et les codes contemporains des médias.
- Cette production explore les thèmes de l'allégeance, de l'autoritarisme et du contrôle de l'image publique.

À partir de lundi, l’Opéra métropolitain dévoile une adaptation audacieuse de la tragédie classique « Antony et Cléopâtre », dirigée par Elkhanah Pulitzer. Cette version moderne interroge la construction des images publiques à travers le prisme de l’Égypte antique, du Hollywood des années 1930 et de la culture médiatique contemporaine. Avec un univers esthétique soigneusement élaboré, cette production promet une réflexion profonde sur le pouvoir, l’amour et la célébrité.
Une approche innovante
La mise en scène d’« Antony et Cléopâtre » réinvente le texte shakespearien dans une exploration des thèmes d’allégeances déchirées et d’autoritarisme autorisé. Elle questionne la manière dont les personnalités publiques sont façonnées, notamment par le biais des médias modernes. Pulitzer évoque un monde où les célébrités peuvent être perçues comme divines, un concept qui s’est enraciné dans l’imaginaire collectif depuis longtemps.
Pour réaliser cette vision, Elkhanah Pulitzer a collaboré avec Mimi Lien, designer scénique, et Constance Hoffman, costumière. Ensemble, ils ont imaginé une esthétique qui mêle habilement trois influences clés : l’Égypte en 30 avant JC, Hollywood dans les années 1930 et les codes contemporains des médias célèbres.
Un décor inspirant
Au cœur de leur création se trouve un monumental plafond voûté inspiré par les pyramides anciennes. Mimi Lien a conçu un mur incliné en pêche qui évolue tout au long de l’opéra pour refléter le poids historique toujours palpable des civilisations égyptienne et romaine. « Dans un certain sens, ce sont les deux côtés de la médaille », déclare Lien à propos des éléments architecturaux opposés mais complémentaires.
Hoffman tire aussi son inspiration du glamour cinématographique associé aux représentations passées d’Hollywood sur Cléopâtre. Cela comprend « Cléopatra » (1963) avec Elizabeth Taylor ainsi que celle réalisée par Cecil B. DeMille en 1934 mettant en vedette Claudette Colbert. Les décors évoquent également la célèbre fête de Gary Cooper drapé dans une peau zèbre.
Cléopâtre entre glamour et contrôle
Dans cet opéra construit autour du personnage emblématique qu’est Cléopâtre, elle apparaît tantôt comme une déesse séduisante soudain minée par sa vulnérabilité face aux enjeux médiatiques modernes. « Elle peut ressembler à une déesse », souligne Hoffman alors qu’elle reflète aussi cette image publique soigneusement mise en scène typique des stars contemporaines tourmentées.
Le traitement visuel comprend divers éléments tels que projecteurs éclairant Cléopâtre près de sa piscine ou encore représentant autant ses moments privés que publics dans un contexte hautement scénarisé. « C’était important qu’elle contrôle l’objectif (de son image), pas seulement qu’elle soit objet regardée », insiste Pulitzer sur cette symbolique cruciale au sein du récit moderne.
Des inspirations contemporaines puissantes
Loin d’être simplement ancrée dans le passé, cette création s’inspire également fortement de figures culturelles comme Beyoncé, véritable icône maîtrisant son image publique avec brio à travers divers espaces médiatisés – tapis rouge ou performances magistrales lors d’événements majeurs tels que les Grammy Awards.
Mimi Lien note : « La référence à Beyoncé fait réellement le lien entre Cléopâtre et notre société médiatique actuelle », mentionnant même « des influenceurs TikTok ou Instagram. » Ces références soulignent combien cette nouvelle version transcende son origine historique pour aborder des problématiques actuelles liées au phénomène culturel contemporain éclatant autour du statut célèbre.
Cette production novatrice met ainsi non seulement en lumière les dynamiques historiques mais également leur résonance profonde vis-à-vis notre rapport complexe aux figures publiques aujourd’hui.