Éducation itinérante : Tara Vanderveer partage son expérience de l’enseignement à domicile autour du monde

Tara Vanderveer, une mère célibataire et enseignante à distance, a choisi d’élever ses enfants en voyageant entre le Canada, les États-Unis, les Bahamas, Cuba et le Guatemala. Bien que cette approche offre des avantages éducatifs considérables, elle présente également des défis liés aux amitiés temporaires et au manque de repères géographiques.
Une méthode d’enseignement différente
Âgée de 42 ans et vivant actuellement à Antigua Guatemala, Tara Vanderveer a scolarisé ses enfants dans divers pays. Elle a déclaré que ces expériences ont permis à ses enfants « d’explorer différentes cultures tout en évitant le dilemme du téléphone portable ». Toutefois, elle reconnaît aussi certains inconvénients : « Les amitiés passagères » et la difficulté pour ses enfants à identifier leur lieu de « chez-soi » sont des préoccupations constantes.
Ancienne étudiante ayant eu des succès scolaires faciles dans un cadre traditionnel mais réalisant qu’elle manquait d’applications pratiques après l’obtention de son diplôme en sciences, Vanderveer a décidé d’adopter un style d’enseignement plus concret avec ses enfants. En raison de la pandémie de COVID-19 qui a contraint les écoles à fermer leurs portes, elle s’est retrouvée dans le rôle d’enseignante pour ses deux aînés.
Elle explique : « Je n’ai jamais eu l’intention de devenir leur professeur. Mais… je n’avais pas d’autre choix que d’assumer ce rôle ».
Des expériences réelles comme enseignement
Les victoires pédagogiques se sont multipliées depuis lors. En 2021, sa famille a vécu quatre mois dans une ferme au Canada où les enfants ont appris le volume en préparant du lait pour des chevreaux. Les cours informels qu’elle met en place englobent la nutrition et intègrent naturellement leurs intérêts personnels.
« Cet arrangement nous a également donné la possibilité de voyager », précise-t-elle en évoquant sa propre enfance marquée par la mobilité due au métier militaire de son père.
Un équilibre précaire entre éducation et vie nomade
Depuis 2020, Tara Vanderveer et ses enfants continuent leur périple entre plusieurs pays sans relâche. Reconnaissant les défis liés à son mode de vie itinérant – notamment en matière d’éducation – elle utilise des nounous locales lorsque nécessaire pour surveiller les enfants durant les périodes où elle enseigne aux lycéens.
Bien que reconnaissante pour la richesse culturelle dont profitent ses enfants, apprendre plusieurs langues ou rencontrer diverses personnes, elle note un revers : « J’avais souvent l’impression que je ne pouvais partager qu’une certaine profondeur de relation avant que nous – ou eux – nous éloignions ».
Elle exprime également une inquiétude quant au développement émotionnel durable de ses jeunes : « Comment favoriser ces liens pour garantir qu’ils créent des liens significatifs ? »
Un retour temporaire vers le quotidien scolaire normal
Dans quelques mois, entre l’automne 2023 et le printemps 2024, sa famille doit retourner au Canada où les deux plus âgés iront dans une école traditionnelle tandis qu’ils explorent davantage les sujets liés à leur environnement guatémaltèque actuel.
Pour conclure sur cette dualité familiale entre aventure locale journalière et aspiration vers un modèle éducatif classique contemporané tout en sachant retenir ce qui est enrichissant tant culturellement qu’émotionnellement : aujourd’hui Omar (un autre enfant) parle avec enthousiasme “de nature”, “de nourriture” mais encore “d’animaux”. Un équilibre précieux qui fait dire à Tara Vanderveer qu’elle ne souhaiterait rien changer dans leur parcours éducatif actuel.