Chapô La députée Insoumise de Seine-Saint-Denis, Nadège Abomangoli, a décidé de porter plainte après avoir reçu le 11 juillet 2025 une lettre anonyme remplie d’insultes racistes et sexistes. À travers ce geste, elle dénonce la banalisation des discours haineux au sein du milieu politique.
Un courrier révoltant

Le 11 juillet 2025, Nadège Abomangoli découvre dans son bureau à l’Assemblée nationale un courrier anonyme qui déborde de violence. Le message commence par : « Madame la fausse vice-présidente. Vous êtes une erreur de casting », avant de poursuivre avec des affirmations choquantes telles que : « L’esclavage a été aboli, mais il y a des limites à se sentir à l’aise » et « Une noire n’a rien à faire à ce poste ». Parmi les autres phrases odieuses écrites dans cette lettre figure : « Première femme noire vice-présidente, j’en ai des frissons de malaise, le décolonialisme ne vous rend pas légitime ». Ces mots ont profondément affecté la députée qui ne compte pas rester silencieuse face à cette agression.
Comment Nadège Abomangoli a-t-elle décidé de répondre à ces attaques ?
Face aux menaces proférées contre elle, Nadège Abomangoli annonce le 30 juillet sur X qu’elle porte plainte. Elle déclare : « Face au silence institutionnel envers les nostalgiques du passé colonial, nous serons toujours là pour nous battre. Ces violences nécessitent une condamnation et la nuance n’a pas sa place dans leur dénonciation ». L’enquête risque cependant d’être difficile car l’auteur se cache derrière l’anonymat tout en revendiquant avoir « la parole décomplexée ». Son avocate, Me Chirinne Ardakani, a donc déposé une plainte contre X pour « outrage envers une personne investie de l’autorité publique », ainsi que pour « injure non publique à caractère raciste et sexiste ».
Un climat déjà tendu à l’Assemblée nationale
Cette affaire intervient alors que le climat politique est fourmillant d’épisodes racistes insupportables. En novembre 2022, Carlos Martens Bilongo avait pris la parole lors d’une séance plénière pour évoquer les conditions des migrants en Méditerranée lorsqu’il fut interrompu par Grégoire de Fournas du Rassemblement National qui lança : « Qu’il(s) retourne(nt) en Afrique ! ». Cette phrase avait provoqué un tollé immédiat et entraîné la suspension temporaire de la séance.
Nadège Abomangoli rappelle ainsi que le combat contre le racisme et les discours haineux reste très actuel dans notre société et réclame une prise de conscience collective plus forte afin d’enrayer ces comportements inacceptables.