Les New-Yorkais financent massivement l’industrie cinématographique
Les habitants de New York contribuent par leurs impôts à des millions de dollars d’incitations fiscales pour les productions cinématographiques et télévisuelles. Le gouverneur Kathy Hochul a proposé d’augmenter ces crédits, tandis que la concurrence entre États pour attirer ces projets se renforce.

Une participation financière élevée
Du fait des diverses incitations fiscales destinées aux productions audiovisuelles, chaque ménage new-yorkais a versé en moyenne environ 16 euros pour la série dramatique « Billions » depuis 2017, ainsi qu’environ 14,50 euros pour « Saturday Night Live » et 4,60 euros pour « The Irishman ». En totalisant toutes les dépenses, l’État de New York a investi plus de 5,5 milliards d’euros en incitations.
Le gouverneur Kathy Hochul envisage d’ajouter 100 millions d’euros supplémentaires à un fonds de soutien aux productions indépendantes afin d’amener le budget total consacré au cinéma à 800 millions d’euros par an, presque le double du montant enregistré en 2022.
La question du retour sur investissement
Les soutiens affirment que cette stratégie stimule l’économie locale. Une étude récente commandée par Empire State Development indique qu’en moyenne, chaque euro investi génère environ 1,70 euro grâce à des retours fiscaux locaux ou étatiques. Toutefois, plusieurs économistes contestent ces chiffres. Une autre étude estime que les retours ne s’élèvent qu’à 31 cents sur le dollar, soulevant des interrogations sur la rentabilité réelle du programme.
Michael Gianaris et James Skoufis, deux sénateurs démocrates de l’État, ont exprimé leur inquiétude face à cette situation. M. Gianaris a déclaré : « Il y a une course qui se déroule parmi les États » et souligne la nécessité d’adapter constamment le programme face à la concurrence croissante avec des territoires comme le New Jersey. M. Skoufis ajoute que cela mène à une situation où « le perdant est le contribuable ».
Dans ce climat compétitif, des productions profitent simultanément aux crédits fiscaux dans différents États ; ainsi certaines ont reçu des aides du New Jersey et de New York.
Une économie cinématographique inégale
Malgré les bénéfices supposés apportés par ces incitations fiscales, l’analyse montre également que ces programmes accentuent les disparités au sein même des États concernés. M. Skoufis rappelle que certaines zones géographiques bénéficient davantage du programme alors que d’autres restent largement exclues.
Justin Marlowe, directeur du Centre de financement municipal de l’Université de Chicago, dénonce cette gestion basée souvent sur un manque cruellement d’informations détaillées pouvant mener à un mauvais choix politique : « En tant que personne impliquée dans le financement public, je dirais que ce n’est vraiment pas bon pour les contribuables ».
Un regard critique est donc nécessaire quant aux futures décisions budgétaires concernant ces incitations fiscales qui continuent d’alimenter un débat complexe autour du véritable impact économique généré par ces subventions au cinéma et numérique.