Michael Burry se consacre à l’écriture financière sur Substack

L’investisseur Michael Burry, célèbre pour avoir anticipé la crise de 2008 dans « The Big Short », a récemment lancé un blog payant intitulé « Cassandra Unchained ». À travers ses premiers articles, il évoque son scepticisme envers le boom de l’intelligence artificielle et ce qu’il voit comme des signes d’une bulle imminente.
Burry a transformé sa carrière en passant de l’investissement à l’écriture avec le lancement de son Substack. Il y partage désormais ses analyses financières et ses prévisions concernant les marchés et leurs bulles potentielles. Selon lui, son blog est devenu son « seul objectif » et représente une plateforme où il peut explorer des modèles historiques intemporels.
Dans deux premiers articles, intitulés « Fondements : mon 1999 (et une partie de 2000) » et « Le signe cardinal d’une bulle : la gourmandise du côté de l’offre », il aborde divers thèmes liés à l’investissement. Dans le premier article, Burry rappelle ses débuts en tant que résident en neurologie à Stanford, période durant laquelle il écrivait sur la valeur des investissements pendant ses heures libres. Il déclare : « Alors que je me consacre à Cassandra Unchained, je me retrouve sur un vieux chemin non emprunté. Je me sens chanceux et je suis reconnaissant de cette opportunité alors que je marche à nouveau ».
Le second article aborde plus particulièrement le secteur florissant de l’IA, posant un regard critique sur ce qu’il appelle la « glorieuse folie » actuelle qui pourrait escalader vers une bulle technologique similaire à celle du début des années 2000. Burry argue que malgré les apparences de rentabilité des entreprises actuelles par rapport aux sociétés du début du siècle – qu’il désigne comme les« quatre cavaliers » : Microsoft, Intel, Dell et Cisco –, nous risquons d’être confrontés aux mêmes excès.
À cet égard, il mentionne spécifiquement un problème fondamental persistant : une offre considérable mais une demande insuffisante. Il note aussi les cinq géants contemporains qui dominent le boom actuel : Microsoft, Google, Meta (anciennement Facebook), Amazon et Oracle ainsi que certaines startups prometteuses comme OpenAI dirigée par Sam Altman.
En référence au parallèle entre les événements passés et présents dans le domaine technologique, Burry souligne que la société Nvidia pourrait jouer un rôle clé similaire à celui occupé par Cisco durant la bulle Internet. Son propos est clair lorsqu’il écrit : « Son nom est Nvidia ». Pour renforcer son argumentation contre cette euphorie disproportionnée autour des technologies émergentes, il termine avec une citation découlant du défunt partenaire commercial de Warren Buffett :« Si vous éclatez beaucoup de ballons, vous n’allez pas être l’homme le plus populaire dans la pièce ».
Récemment acteur proactif sur X (anciennement Twitter), Burry s’est surnommé “Cassandre”, référence applicable où il exprime sa résistance aux tendances boursières dominantes tout en rappelant sa crédibilité historique lors des crises précédentes telles que celle subie lors du krach immobilier américain au milieu des années 2000.
Pour boucler ce chapitre financier audacieux tout en opérant un virage vers moins d’intermédiation financière extérieure suite à son retrait enregistré auprès de la SEC pour Scion Asset Management afin d’arrêter temporairement toute liquidité externe surtout face au récent engouement pour l’IA – dernier point marquant avant son retour annoncé fin octobre avec un message évocateur affirmant que « le seul coup gagnant est de ne pas jouer ».