La courbe des rendements du Trésor s’inverse, annonciatrice potentielle d’une récession.
Depuis 2023, la courbe des rendements du Trésor a connu une inversion prolongée, un phénomène historique souvent précurseur de récessions économiques. Alors que les investisseurs demeurent partagés sur la réalité d’une crise imminente, les indicateurs montrent que le marché pourrait être en désaccord avec un ralentissement économique à venir.

Chaque inversion précédait une récession depuis les années 1960
Malgré un débat autour de l’impact réel sur l’économie actuelle suite à cette inversion, le directeur de portefeuille chez Broadmark Asset Management, Rick Cortez, souligne : « Tout le monde a oublié que la courbe de rendement est négative pendant si longtemps ».
Les investisseurs minimisent leurs craintes
Les investisseurs, échaudés par une récession largement anticipée mais jamais venue en 2023, sont plus enclins à minimiser leurs craintes vis-à-vis d’une nouvelle éventualité. Ben McMillan, CIO chez IDX Advisors note que ce biais peut influencer leur comportement : « Je pense que cela influence le comportement des investisseurs qui ont juste dit très franchement qu’ils achèvent la baisse de leurs clients ».
L’indicateur favori de Warren Buffett montre des extrêmes inquiétants
Le capitalisation boursière par rapport au PIB – souvent appelée l’indicateur favori de Warren Buffett – montre également des extrêmes inquiétants. Si une récession frappait réellement l’économie américaine dans un avenir proche, son impact sur les marchés actions dépendrait fortement non seulement de sa gravité mais aussi des politiques monétaires mises en œuvre par la Réserve fédérale.
Une rétrogradation importante n’est pas synonyme d’un déclin profond
Que Nguyen, CIO dans une société affiliée à la recherche, maintient qu’une rétrogradation importante pour les actions n’est pas forcément synonyme d’un déclin profond lors d’une récession puisqu’il observe : « En fait, ça se rassemble bien à mesure que la récession frappe car la Fed réduit les taux ». Ce point souligne l’incertitude quant aux réactions futures du marché face aux changements économiques.
Actuellement, 61% des gestionnaires de fonds prévoient toujours un scénario optimiste décrit comme « atterrissage doux ». Ainsi se dessine une scène où espoirs et appréhensions coexistent alors que l’économie s’oriente vers un potentiel ralentissement sous-jacent accompagné d’incertitudes croissantes dues notamment aux politiques tarifaires encore en vigueur depuis l’époque présidentielle précédente.
Les mois à venir seront cruciaux afin d’observer comment ces dynamiques interagiront avec l’état réel du tissu économique américain et indiqueront vers où se dirigent ces investissements complexes.