Chapô
- Israël veut contrôler Gaza pour lutter contre le Hamas, en étant confronté à une crise humanitaire.
- Le plan prévoit le désarmement du Hamas, la démilitarisation et la création d'une nouvelle administration civile.
- Des critiques craignent des risques pour les otages, des coûts élevés et une escalade prolongée.
- La population gazanielle souffre sous bombardements et menace de famine, tandis qu’Israël fait face à des protestations internes.

Le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahu a approuvé un plan visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza pour contrer le Hamas, tout en faisant face à une grave crise humanitaire. Ce projet suscite des inquiétudes tant sur le plan militaire que humanitaire, notamment en raison de la mobilisation de réservistes et des conséquences potentielles sur les civils.
Un plan controversé pour Gaza
Ce nouveau plan prévoit que l’armée israélienne se prépare à contrôler Gaza tout en distribuant une aide humanitaire aux civils situés hors des zones de combat. Un communiqué officiel mentionne cinq principes adoptés : le désarmement du Hamas, le retour des otages, la démilitarisation de Gaza, le contrôle sécuritaire israélien dans la bande et l’établissement d’une administration civile alternative n’étant ni sous l’autorité du Hamas ni celle de l’Autorité palestinienne.
Actuellement, les forces israéliennes opèrent dans près de 75% du territoire gazan, bombardant selon leur évaluation stratégique.
Des critiques internes et externes
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a fustigé ce choix politique en qualifiant cette décision d’une « catastrophe qui va entraîner beaucoup d’autres catastrophes ». Il met en garde contre la mort éventuelle d’otages et souligne qu’un tel plan coûtera très cher aux contribuables israéliens et nuira gravement à la diplomatie.
Le mouvement islamiste Hamas, qui détient encore 49 otages (27 présumés morts), accuse également Netanyahu : « Les plans… confirment son désir.de sacrifier …pour ses intérêts personnels ». Ils avertissent que toute escalade aurait un coût élevé pour Israël.
La presse locale évoque une opération militaire qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois avec une mobilisation significative des réservistes. Entre-temps, le chef d’état-major Eyal Zamir assure qu’ils continueront à élaborer leurs stratégies indépendamment : « Nous éliminerons les menaces à leur stade précoce ».
Une population sous pression
Les chiffres indiquent qu’environ 2,4 millions de Palestiniens vivent actuellement sous bombardements constants dans cette région côtière. Selon les données rapportées par le ministère palestinien concernant les violences depuis octobre 2023 – notamment lors d’une attaque menée par le Hamas ayant causé 1 219 morts côté israélien –, près de 61 258 Palestiniens sont décédés durant ces hostilités récentes.
L’ONU met aussi en avant une situation dramatique où Gaza est menacé par une possible famine généralisée en déterminant sa totale dépendance envers l’aide humanitaire inappropriée. Des organismes comme l’Organisation mondiale de la Santé signalent déjà des décès dus à malnutrition parmi une partie vulnérable comme les enfants.
Enfin, au sein même d’Israël, Netanyahu doit faire face aussi à un mouvement intérieur grandissant : des Juifs orthodoxes manifestent contre leur obligation potentielle à répondre aux conscriptions militaires imposées récemment par l’État.