Ancien buteur de l’Olympique de Marseille et Ballon d’or 1991, Jean-Pierre Papin s’est confié sur sa fille Emily, atteinte de lésions cérébrales et d’autisme, lors de l’avant-première du documentaire JPP. Le footballeur, dont les « papinades » ont marqué les supporters, y raconte un parcours familial qu’il décrit comme « le combat d’une vie ».
- Les parents ont refusé le diagnostic médical concernant Emily, qui ne marcherait jamais.
- Ils ont opté pour une rééducation aux États-Unis, obtenant des progrès inattendus.
- Emily marche et court, communique avec huit signes, malgré l'absence de parole.
- Le couple a créé une association pour soutenir d'autres familles confrontées à des diagnostics similaires.

Un pronostic médical refusé
Alors qu’Emily n’avait que cinq ans, ses parents avaient notamment appris qu’elle ne marcherait jamais. « Avec Florence, mon épouse, on a refusé d’écouter les médecins qui disaient qu’elle ne marcherait jamais et voulaient qu’on la place », a-t-il rappelé.
Le couple a alors cherché une autre voie. « On nous avait dit qu’on pourrait venir la voir le week-end. C’était inconcevable », a confié l’ancien attaquant. Il a aussi insisté sur le rôle de son épouse : « Florence gérait tout pendant mes matchs et mes entraînements, mais dès que j’étais à la maison, je lui dédiais tout mon temps ou presque. »
Le choix s’est porté sur une méthode de rééducation aux États-Unis, à Philadelphie. Ce suivi, fondé sur le travail quotidien, la patience et de nombreux sacrifices, a également mobilisé le frère et les trois sœurs d’Emily.
Des progrès au-delà des prédictions
Au fil des années, les progrès de la jeune femme ont dépassé les prédictions initiales. Aujourd’hui, Emily marche et peut courir dix kilomètres, une distance qu’elle a parcourue des centaines de fois. « J’ai même parfois du mal à suivre », a plaisanté Jean-Pierre Papin, avec un sourire empreint de fierté.
Dans l’émission Clique, diffusée sur Canal+, il avait déjà évoqué ce parcours. « Ma plus belle réussite, c’est de l’avoir remise dans notre monde », expliquait-il alors.
Emily ne parle pas. La famille a donc développé son propre langage, composé de huit signes, qui lui permettent d’exprimer certains besoins essentiels, comme la faim, la soif ou la douleur. « Même si elle a 36 ans, qu’elle ne parle pas, ces huit signes ont changé notre vie », a souligné le footballeur.
Une association pour les familles
En 1996, le couple a créé l’association Neuf de cœur, destinée à informer et à accompagner les familles d’enfants atteints de lésions cérébrales. Elle recherche des méthodes de rééducation, partage des expériences et apporte un soutien aux parents confrontés à un diagnostic bouleversant.
Son objectif est de proposer des ressources, une écoute et des pistes d’accompagnement, sans promettre de solutions miracles.
Au-delà de la carrière sportive, le documentaire retrace le parcours d’un père et d’une famille unis face aux difficultés. Avec Emily, Jean-Pierre Papin a découvert une autre définition de la victoire, celle qui se construit au quotidien, à travers les progrès, les gestes partagés et la détermination à avancer ensemble.