Jeanfi Janssens, entre humour et souvenirs douloureux : un retour aux sources dans le Nord
L’humoriste Jeanfi Janssens, connu pour son franc-parler et son humour incisif, a récemment invité notre équipe à le suivre dans son village natal de Beaufort, près de Maubeuge. Ce retour est l’occasion pour lui d’évoquer sa relation avec ses parents et de revisiter un passé marqué par des tragédies personnelles.

Le rendez-vous a lieu après la dernière représentation de son spectacle « Jeanfi tombé du ciel » à la Comédie des Champs-Élysées. Malgré une soirée festive, il se lève tôt pour rejoindre sa maison familiale où l’attend sa mère Hélène, tout en étant accompagné de Duchesse, sa chatte. À 51 ans, Jeanfi évoque dignement ses racines d’un village modeste comptant environ 1000 habitants.
Dans l’intimité du foyer familial, il parle librement de ses expériences passées. Rappelant les conflits familiaux liés à son homosexualité qu’il a longtemps cachée à son père : « Je montais sur scène pour fuir une réalité, mais à bien y réfléchir, c’est peut-être pour mieux l’affronter », déclare-t-il. Son coming out auprès de ses parents reste une étape cruciale de sa vie.
Une enfance marquée par le secret
Jeanfi raconte avoir su très jeune qu’il était gay : « À 6 ans, j’étais déjà troublé par les mecs en slip dans le catalogue de la Redoute ». Il décrit comment il a gardé cette vérité secrète jusqu’à ce qu’il parte étudier à Lille. Une expérience douloureuse qui culmine au moment où il annonce sa sexualité à ses parents.
Il se souvient également des tragédies qui ont frappé sa famille. En 1999, alors steward chez Air France, il apprend que son frère s’est suicidé : « On a appris qu’il avait une double vie. ». Cette perte a laissé des séquelles profondes au sein du foyer familial alors que Jeanfi se lance dans la comédie comme échappatoire aux douleurs accumulées.
Un chemin vers le succès
Sa carrière décolle véritablement lorsque Jeanfi participe en 2006 au jeu télévisé « À prendre ou à laisser », remportant 75 000 euros qui lui permettent d’assainir ses finances. Bientôt repéré par Laurent Ruquier grâce aux Grosses Têtes sur RTL et encouragé par Karine Lemarchand, il affronte tant bien que mal les défis du monde artistique : « C’était dur à l’époque. Les homos n’avaient pas vraiment la carte ».
Aujourd’hui installé professionnellement tout en maintenant un lien fort avec ses racines familiales et régionales – visiblement ému lors d’un repas partagé autour des fritures locales – il insuffle quotidiennement l’héritage familial dans chaque aspect de sa carrière. Sa mère lui remonte même le moral en partageant simplement : « Je trouve que tu ris trop fort ».
Pour Jeanfi Janssens aujourd’hui reconnu et célébré par un public fidèle, ces retours chez lui sont essentiels. Ils sont porteurs d’un sentiment apaisé où toutes les rires deviennent finalement cathartiques face aux épreuves passées et constituent désormais « un bonus » tant espéré par ceux qui ont vécu ces épreuves ensemble.
Cette histoire fait résonner plus largement l’RSVP coquelicothétique mais aussi celle des artistes confrontés aux réalités familiales complexes tout autant qu’insupportables ; elle pose ainsi question sur nos propres combats intérieurs face aux attentes sociales souvent pesantes.