Un juge fédéral, James E. Boasberg, a trouvé une cause probable d’outrage criminel contre l’administration Trump suite à des violations d’ordonnances judiciaires concernant des déportations vers El Salvador. Les pouvoirs de pardon du président pourraient protéger ses fonctionnaires des conséquences légales.
Une décision judiciaire marquante
Mercredi, le juge de district américain James E. Boasberg a déclaré qu’il existe une cause probable pour tenir l’administration Trump en délit d’outrage criminel. Cette décision fait suite à des violations par l’administration d’une ordonnance visant à retourner deux avions transportant des déportés vers El Salvador.

Dans un avis de 46 pages, Boasberg a spécifié que plusieurs échappatoires pourraient prévenir la poursuite directe contre les fonctionnaires ou avocats du ministère de la Justice impliqués dans cette affaire.
Le Department of Justice (DOJ) pourrait également être le premier à envisager des poursuites envers ces responsables. Le juge peut intervenir « dans l’intérêt de la justice » et désigner un avocat extérieur pour mener les charges si nécessaire.
Les options juridiques
Les experts juridiques ont souligné que le pouvoir de pardon détenu par Donald Trump pourrait annuler toute poursuite potentielle ou ses conséquences associées. Margaret Love, avocate spécialisée dans la clémence, a déclaré : « Oui, le pouvoir de pardon du président atteint des poursuites pour outrage criminel. »
En référence au passé judiciaire de Trump, elle rappelle son premier acte de grâce en tant que président en faveur de Joe Arpaio, ancien shérif reconnu coupable d’outrage criminel pour avoir enfreint une ordonnance liée au profilage racial.
Les violations et les conséquences
La décision rendue par Boasberg indique clairement que l’administration Trump n’a pas respecté les ordonnances judiciaires qui exigeaient le retour immédiat des avions pleins de déportés visés par sa précédente directive. Bien que l’administration ait soutenu qu’elle n’avait pas violé ces ordonnances car les avions avaient déjà quitté le territoire américain, cela ne justifie pas leurs actions selon Boasberg.
Il est notoire que la Cour suprême des États-Unis avait annulé précédemment une ordonnance empêchant ces expulsions et dit que le Texas était compétent pour juger les procédures appropriées appliquées aux étrangers arrêtés.
Boasberg se montre ferme en déclarant que cela « n’excuse pas la violation du gouvernement ». Il détaille aussi plusieurs options avant qu’un recours en mépris ne soit engagé. L’administration pourrait « purger » sa violation tout en acceptant qu’elle conserve un certain contrôle sur ce qui arrive aux déportés concernés.
Si aucune mesure corrective n’est réalisée par l’administration, le juge entamera alors un processus visant à identifier quel fonctionnaire ou avocat serait responsable. En cas d’inefficacité gouvernementale dans cette nomination, il prévoit davantage d’audiences afin d’entendre également les arguments des avocats représentant les détenus.
« La prochaine étape », conclut-il dans son avis écrit est que « le tribunal demande que le mépris soit poursuivi par un avocat du gouvernement ». Dans un scénario où celui-ci refuse ou si « l’intérêt de la justice exige », il mentionne qu’un autre avocat sera mandaté pour poursuivre ce mépris conformément aux règles fédérales pénales.
Cette affaire souligne ainsi non seulement les tensions persistantes autour des politiques migratoires mais aussi les ramifications légales potentielles encadrant celles-ci sous cette administration particulière.