Une décision récente d’un tribunal de district américain autorise les entreprises à former des modèles d’intelligence artificielle en utilisant des œuvres protégées par le droit d’auteur. Cette décision soulève de vives inquiétudes parmi les créateurs de contenu, qui craignent pour leurs droits et leur accès à une rémunération équitable.
Une décision controversée
Mardi, un tribunal de district du nord de la Californie a statué sur une affaire mettant en cause la société Anthropic, accusée par Andrea Bartz, Charles Graeber et Kirk Wallace Johnson d’utiliser des matériaux piratés pour former son modèle d’intelligence artificielle, Claude AI. Le juge William Alsup, connu pour ses décisions marquantes dans le domaine technologique, a tranché en faveur des pratiques actuelles utilisées par ces entreprises.

La décision permet aux sociétés d’IA comme Anthropic de s’entraîner sur quasiment toute œuvre publiée qu’elles souhaitent récolter. Le juge considère que l’utilisation de copies numériques transformées à partir de livres imprimés est justifiée comme « utilisation équitable ». Il souligne que « la technologie en cause était parmi les plus transformatrices que beaucoup d’entre nous verrons de notre vie ».
L’argumentation repose sur l’idée que le droit d’auteur vise principalement à promouvoir la création originale plutôt qu’à protéger les auteurs contre la concurrence. Toutefois, lorsque cette pratique implique l’utilisation directe d’œuvres piratées, une nouvelle audience sera nécessaire pour évaluer les dommages-intérêts potentiels contre Anthropic.
Impacts préoccupants pour les artistes
Cette décision représente un revers important pour un large éventail de créateurs tels que les artistes, musiciens et écrivains. Selon certaines sources du secteur culturel, elle pourrait nuire gravement aux moyens de subsistance des artistes face à des modèles IA qui exploitent leurs travaux sans compensation adéquate.
Les professionnels s’inquiètent également que cette situation permette aux grandes entreprises technologiques de continuer à s’emparer massivement des données sans consentement préalable. En conséquence, cela affecterait encore plus ceux dont le travail est reproduit ou plagié sans recours possible.
Réactions des entreprises technologiques
Face à cette évolution juridique préoccupante, certaines entreprises tentent néanmoins d’adopter une approche éthique. Notamment, Apple a proposé plusieurs millions au titre de licences pour permettre l’utilisation légale du contenu lors du développement de son propre modèle génératif.
Par ailleurs, certains éditeurs tentent désormais bloquer l’accès aux archives via Robots.txt afin de dissuader ces pratiques indues ; mais cela reste insuffisant face aux grattoirs peu scrupuleux qui continuent souvent leur œuvre indécente malgré ces précautions.
La controverse se renforce alors que des appels s’élèvent tant au sein du débat public qu’auprès des institutions européennes visant à établir un cadre réglementaire complet autour du développement durable et responsable de l’IA issue des productions humaines.