L’animation au service d’un récit poignant : l’arrivée d’« Arco »
Le film « Arco », qui a nécessité cinq ans de création, est un projet réalisé par Ugo Bienvenu, coscénariste et réalisateur. Bienvenu souligne que le processus fut complexe, notamment durant les trois premières années consacrées à l’écriture et au story-board, avant de finalement se concentrer sur une animatique pour mieux communiquer sa vision.

Un processus créatif enrichissant
Dans une interview accordée à Paris MatchUgo Bienvenu évoque la longue route vers la finalisation du film : « Pendant les trois premières années.les gens ne comprenaient pas le film qu’on voulait faire. » Environ un an après cette phase, l’équipe a créé une pré-animation intégrale pour mieux vendre leur concept. La fabrication finale du film s’est ensuite étendue sur plus d’un an.
Bienvenu affirme que l’animation était essentielle pour restituer des sensations : « Ça ne pouvait être qu’un film parce que ça nécessitait du mouvement, des sensations. »
D’une production sous influence nostalgique
Ugo Bienvenu a cofondé sa société de production, Remembers, dans un but précis : créer des souvenirs durables liés au cinéma. Actuellement frustré par les adaptations souvent peu fidèles qui émergent de son médium préféré, il souhaite produire des récits originaux écrits spécifiquement pour le cinéma. Il déclare avoir été influencé par les films d’animation enfantins qui ont su marquer les mémoires et évoque son souhait de toucher un large public : « Je voulais aussi faire un film que les adultes aient du plaisir à regarder et qui les nourrissent aussi. »
Le film explore également un monde postapocalyptique, offrant aux jeunes spectateurs une réflexion sur leur réalité actuelle tout en préparant leurs émotions face aux épreuves futures.
Une œuvre engagée et disruptives
Parmi ses personnages clés se trouve Miki, un robot assistant dont la présence soulève des questions quant à notre relation avec la technologie moderne. Bienvenu aborde ce sujet avec prudence : « Je ne suis pas pro-robot. mais ce n’est pas à moi de donner des leçons ». En filigrane, c’est également une critique de l’indifférence croissante envers la superficialité des objets remplaçant la vraie expérience humaine.
Son engagement ne s’arrête cependant pas là ; il manifeste une volonté forte de contrer la banalité cinématographique actuelle. Il explique ainsi son envie d’impacter émotionnellement le public avec des récits porteurs comme ceux produits par Hayao Miyazaki.
Esthétique intemporelle
Visuellement unique et intemporel, le style graphique du film respecte l’identité artistique d’Ugo Bienvenu tout en restant accessible aux jeunes enfants. L’utilisation d’outils simples renforce cette intention dans sa réalisation afin qu’il soit ancré dans ses racines artistiques.
Casting méticuleux
Concernant le choix du casting vocal du film, bien que quelques membres soient proches de lui ou associés personnellement (comme Vincent Macaigne), Bienvenu a passé cinq mois à auditionner plus de 700 enfants pour trouver les voix appropriées au charme singulier d’« Arco ».
Les réflexions abordées autour d’« Arco » font non seulement écho aux inquiétudes contemporaines mais aspirent aussi à susciter espoir et dialogue parmi toutes générations futures.