Grève au lycée Liberté de Romainville : une situation alarmante sans infirmerie ni direction

Le lycée Liberté de Romainville, en Seine-Saint-Denis, est en crise depuis un an et demi. Le personnel s’est mis en grève le 20 novembre pour dénoncer l’absence d’infirmerie, d’assistance sociale et de direction complète, impactant gravement les conditions d’apprentissage des élèves.
Des besoins non satisfaits dans un contexte difficile
Depuis la rentrée 2024, le lycée n’a plus d’infirmier·ère ni d’assistant·e social·e. Les personnels rapportent que cette situation a fortement aggravé les conditions de travail dans un établissement qui accueille des élèves issus de milieux défavorisés : l’indice de position sociale est très bas et 57% des élèves en voie professionnelle sont boursiers, soit vingt points au-dessus de la moyenne nationale.
Les difficultés se traduisent également par un volume important d’accompagnement non assuré pour les Auxiliaires de vie scolaire (AESH), estimé à 107 heures par semaine. La direction du lycée fonctionne sans proviseur adjoint depuis septembre; ce poste n’est pas pourvu et le départ annoncé pour le 10 décembre de la proviseure actuelle accroît les préoccupations quant à l’avenir.
Un appel à une réponse rapide
« Nous ne faisons que supporter » des missions normalement dévolues aux services médico-sociaux selon Sylvain Nouhi, professeur référent décrochage scolaire. Cela concerne notamment « problèmes médicaux, détresse psychologique, relogement d’élèves à la rue ». Cette réalité est renforcée par l’absence totale de fonds pour aider les situations d’urgence avec 0 € attribués cette année au fonds social lycéen.
De plus, dans un courrier daté du 1er octobre, la directrice académique avait admis qu’il manquait des ressources humaines dans le pôle médico-social et annoncait que des recrutements étaient prévus.
Lors du mouvement du 20 novembre, près de 90% du personnel était mobilisé. Les enseignants présents affirment ne « pas attendre de miracles », mais insistent sur la nécessité « d’une réponse rapide et concrète » face à ce qui pourrait mener à « l’effondrement » du collectif éducatif ainsi qu’à des conséquences néfastes pour les élèves eux-mêmes.
Le secteur souffre également en raison de postes vacants supplémentaires dans certaines disciplines comme les Sciences économiques et sociales et au laboratoire. Plusieurs enseignants décrivent une « épuisement généralisé », avec déjà visibles des risques psychosociaux préoccupants parmi le personnel enseignant.
La mobilisation au sein du lycée Liberté met donc en lumière une situation critique qui exige une attention immédiate tant pour préserver l’intégrité institutionnelle que pour assurer le bien-être et la réussite éducative des élèves concernés.