Dire "merci" à ChatGPT : est-ce vraiment justifié ?

La question de la politesse envers les intelligences artificielles (IA) soulève des débats tant économiques qu’éthiques.

Un coût économique pour OpenAI

Lors d’une discussion sur X, un utilisateur s’est interrogé sur le montant des pertes engendrées par les formules de politesse telles que « s’il vous plaît » et « merci » utilisées avec des chatbots. Sam Altman a répondu en affirmant : « Des dizaines de millions de dollars bien dépensés – vous ne savez jamais ». Chaque interaction avec un chatbot nécessite une consommation énergétique, chaque mot supplémentaire augmentant cette demande.

Dire « merci » à ChatGPT : est-ce vraiment justifié ?

Neil Johnson, professeur à l’Université George Washington, illustre ce phénomène en comparant les mots ajoutés à « l’emballage utilisé pour les achats de détail ». Selon lui, ce surplus entraîne une charge supplémentaire lors du traitement d’une invite par le bot. Il indique que cette tâche professionnelle implique également une dépense en énergie : « Une tâche Chatgpt implique des électrons qui se déplacent dans les transitions – qui nécessite de l’énergie. D’où va venir cette énergie ? ».

Politesse et comportement humain

Des études montrent que plus d’un utilisateur sur deux utilise le terme « s’il vous plaît » lorsqu’ils interactent avec leurs assistants vocaux tels qu’Amazon Echo ou Google Home. Cette tendance pose la question de l’impact moral et éthique d’un tel comportement vis-à-vis des IA.

Le scénariste Scott Z. Burns évoque cela dans sa série audiosur la technologie : il affirme que « la gentillesse devrait être le paramètre par défaut pour tout le monde – homme ou machine ». Il commence à se demander si traiter brutalement une IA pourrait déteindre sur nos comportements humains.

Considérations morales croissantes

D’importants experts comme le Dr Sherry Turkle mettent en avant le caractère fondamental de communiquer aux utilisateurs que ces intelligences ne possèdent pas de conscience. Elle souligne cependant un autre aspect fondamental lorsque elle dit : « Si un objet est suffisamment vivant pour que nous commencions à avoir des conversations intimes, il est suffisamment vivant pour que nous puissions faire preuve de courtoisie ».

Adaptation nécessaire face à l’IA

Face aux rapides changements déclenchés par l’IA dans différents domaines, y compris auprès du journalisme où certains médias comme The New York Times ont déjà entamé des actions légales contre OpenAI et Microsoft concernant leurs pratiques autour du droit d’auteur, il devient clair qu’une réflexion approfondie est requise concernant nos interactions avec ces nouvelles technologies.

Les implications éthiques continuent d’évoluer tandis que chacun doit envisager comment aligner ses valeurs humaines fondamentales face au développement hypothétique vers lequel se dirige notre société numérisée.

Cette dynamique ouvre ainsi plusieurs questions essentielles concernant non seulement notre approche culturelle mais aussi nos comportements face à l’escalade inéluctable de la technologie intelligente dans notre quotidien.