Dans une récente interview accordée à Stratechery, le PDG Mark Zuckerberg a réitéré ses accusations contre Apple, qualifiant ses politiques de restriction sur iOS d’entrave à la concurrence et aux ambitions de Facebook. Selon lui, ces mesures étouffent l’innovation et favorisent un contrôle monopolistique sur l’avenir des plateformes mobiles.
Des restrictions qui bloquent l’innovation
Zuckerberg a souligné que les règles imposées par Apple concernant l’App Store ont affecté des entreprises majeures telles que Facebook, Amazon, Microsoft, et Google. Ces restrictions sont justifiées par Apple au nom de la protection de la confidentialité des utilisateurs et de l’intégrité du système. En effet, il déclare : « Apple a essentiellement dit que vous ne pouvez pas avoir de plate-forme dans une plate-forme ».

Cette situation a eu un impact direct sur les projets initiaux de Facebook. À l’approche de son introduction en bourse en 2012, environ 20% des revenus provenaient des jeux et services intégrés qui appréhendaient déjà leurs limitations dues aux politiques d’Apple.
Zuckerberg décrit également cette restriction comme étant l’une parmi plusieurs « règles arbitraires » permettant à Apple d’exercer son influence, ajoutant que « c’est l’une des raisons pour lesquelles les développeurs veulent vraiment utiliser des modèles ouverts ».
Les efforts infructueux face à Apple
Face aux stratégies d’Apple, Meta (anciennement Facebook) a tenté plusieurs voies pour contrer ces réglementations. Bien que cette entreprise ait engagé divers recours juridiques et soutenu des initiatives antitrust, ces démarches sont restées vaines jusqu’à présent.
En réponse à ce cadre restrictif, Meta a fourni en avril 2025 sa nouvelle API LLAMA ainsi qu’un modèle Llama 4 destiné aux développeurs. Zuckerberg décrit cette initiative comme une référence industrielle accessible sans hébergement tiers ou modifications imprévues.
Il estime désormais que le développement d’une IA open source représente une opportunité pour contourner totalement le contrôle exercé par Apple : « Une grande partie de la raison pour laquelle nous croyons en la construction d’une plate-forme ouverte est en partie l’héritage de ce qui s’est passé avec les plateformes mobiles ».
Le retour du discours critique
Bien que Tim Cook n’ait pas répondu directement aux critiques émises par Zuckerberg lors de l’interview, il défend régulièrement le modèle économique d’Apple comme pro-utilisateur. En 2021, il déclarait notamment : « Si une entreprise est construite sur des utilisateurs trompeurs [.], alors il ne mérite pas nos éloges ».
Zuckerberg n’hésite pas à se moquer du rythme supposément plus lent d’innovation chez Apple. Dans un échange avec Joe Rogan, il affirmait : « Steve Jobs a inventé l’iPhone, et maintenant ils sont en quelque sorte assis dessus 20 ans plus tard ».
Ainsi se dessine un affrontement entre deux géants technologiques où chacun défend visiblement sa vision du marché tout en cherchant à séduire autant les consommateurs que les développeurs confrontés au choix entre écosystèmes fermés ou ouverts.
Alors qu’un nouveau souffle vers une forme inédite d’open source semble voir le jour avec Meta sous la direction stratégique de Zuckerberg, celle-ci demeure limitée tant qu’elle ne pourra franchir certains seuils dus aux restrictions imposées par iOS.