Théâtre du Châtelet : Olivier Py présente une nouvelle version de « La cage aux folles »
Olivier Py, fraîchement nommé à la direction du théâtre du Châtelet, réitère son ambition de faire (re)découvrir des comédies musicales emblématiques. Après le succès triomphal de « Les Misérables » en décembre 2024, il met en scène « La cage aux folles », la célèbre comédie musicale de Broadway adaptée d’une œuvre française. Le spectacle se déroulera du 5 décembre 2025 au 10 janvier 2026.
Une première pour la France
« La cage aux folles », qui a remporté six Tony Awards, n’a jamais connu de production significative en France.
« C’est vraiment une injustice ! », s’exclame Olivier Py face à l’absence d’adaptations dignes dans son pays d’origine. Pour lui, cette comédie musicale est un chef-d’œuvre qu’il avait découvert il y a plus de vingt ans et qu’il estime essentiel de présenter au public français.
Ladislas Chollat signera la mise en scène et le spectacle sera enrichi par un impressionnant déploiement artistique : 155 costumes, 195 mètres de strass et 3 986 plumes d’autruche.
Un choix audacieux pour le rôle principal
Le candidat idéal pour incarner Zaza, personnage principal au cœur du récit, était Laurent Lafitte. Olivier Py a expliqué avoir été séduit par leur rencontre lors du tournage du film « Le Molière imaginaire ». Il souligne que Lafitte partage sa passion pour les comédies musicales : « Les planètes semblaient alignées ».
Il confie également que ce rôle représente un défi vital qui nécessite virtuosité vocale et résistance physique : « Le rôle est écrasant… et fatigant », affirme-t-il en évoquant ses propres préoccupations comme directeur artistique.
Des thématiques contemporaines
Ce revival n’est pas uniquement une célébration artistique ; il aborde également des thèmes sociaux actuels tels que l’homoparentalité et l’émergence des discours anti-LGBT sur fond politique mondial perturbant.
Olivier Py rappelle que dans les années 1980, où le texte original naît sous les plumes d’Harvey Fierstein, la lutte pour les droits LGBT prenait enfin forme : « Ce spectacle célèbre l’acceptation de tous les styles de vie ».
« I Am What I Am » devient ainsi un hymne contemporain inscrit dans plusieurs marches des fiertés à travers le monde grâce à son message universel.
Un regard critique sur la représentation
En abordant la représentation des personnages LGBTQ+, Olivier Py témoigne d’un rapport nuancé concernant le film adapté par Édouard Molinaro : « J’avais un rapport ambivalent au film… […] virtualisé avec humour mais stéréotypé ».
Par ailleurs, Laurent Lafitte pose aussi la question délicate autour du travestissement sur scène sans tomber dans la caricature : “Jouer un personnage caricatural sans être caricatural.”
L’artiste endosse alors ce double enjeu avec brio selon Py. Ils vont explorer ensemble comment apporter une touche personnelle à ce personnage riche en nuances tout en faisant écho au débat sociopolitique actuel sur l’identité.
Avenir radieux pour le théâtre musical
Olivier Py ne cache pas ses aspirations futures quant aux représentations françaises des œuvres américaines apparues dans inconsistance sous nos cieux :
« J’aimerais m’attaquer au Fantôme de l’Opéra… »
Avec une telle dynamique pulsée par cet événement théâtral marquant au Théâtre du Châtelet, Paris pourrait bien redécouvrir ces joyaux souvent oubliés.